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STOMATITE VESICULEUSE

La stomatite vésiculeuse est une maladie virale contagieuse atteignant les porcins, les bovins et les équidés et se traduisant par l'apparition de vésicules au niveau de la muqueuse buccale, parfois de la mamelle et des pieds, avec une hyperthermie modérée.

Etiologie

Le virus responsable (VSV) appartient au genre Vesiculovirus et à la famille des Rhabdoviridae. On a identifié au moins 28 virus différents appartenant au genre Vesiculovirus, dont un certain nombre a été isolé de chevaux infectés : VSV-New Jersey, VSV-Indiana, Alagoas, Chalchaqui, Chandipura, Cocal, Idfahan et Piry.

Il s'agit d'un virus ARN enveloppé se présentant sous la forme d'une balle de fusil de 100 à 430 nm de long et 45 à 100 nm de diamètre. L'enveloppe externe est constituée d'une couche de lipoprotéines et est recouverte de spicules de glycoprotéines. L'Acide Ribo Nucléique est encapsulé dans une nucléo-capside protéique.

Il existe une très forte parenté antigénique entre les différentes souches isolées de part le monde. Comme tous les virus enveloppés, le virus VSV se montre sensible à de nombreux antiseptiques (lessive de soude, dérivés phénolés, solvants organiques), à la lumière et à la chaleur. Par contre il n'est pas inhibé par des solutions de formol à 10% ou l'alcool éthylique à 90%. Il cultive assez facilement sur différents systèmes cellulaires: rein de hamster nouveau-né, rein de singe, fibroblastes d'embryon de poulet, cellules Vero, etc. Il induit la formation d'un effet cytopathogène caractéristique.

Epidémiologie

Diagnostiquée pour la première fois en 1801 aux USA, la Stomatite Vésiculeuse est surtout présente en Amérique du Nord, en Amérique Centrale et au nord du Brésil. On observe également quelques foyers en Inde et en Iran.

Les épizooties apparaissent de façon irrégulière avec une saisonnalité plus particulièrement marquée en été. Des études sérologiques ont montré que la séropositivité pouvait atteindre plus de 80% des chevaux en Géorgie. Ce fort taux de séropositivité peut être également observé chez les bovins domestiques, les sangliers, les cervidés, les rongeurs et carnivores sauvages, etc. Dans les zones infectées la séroprévalence est souvent importante chez l'homme.

Les sources de contamination sont représentées par les animaux malades dont les vésicules renferment de grandes quantités de virus à l'origine de contamination par contact ou par différentes excrétions comme la salive. Il existerait également des porteurs sains particulièrement au sein de diverses espèces de mammifères sauvages. Le matériel, les véhicules, l'eau de boisson et même le fourrage contaminés par les animaux malades facilitent la dissémination de la maladie. Les arthropodes hématophages joueraient également un certain rôle dans la transmission de ce virus

Signes cliniques

Après une courte incubation (1 à 3 jours), on observe la formation de macules et de zones arasées devenant rapidement des vésicules de couleur rouge-grisâtre de 2 à 4 cm de diamètre, qui apparaissent sur les lèvres, les gencives, le palais et la langue. Ces vésicules deviennent rapidement coalescentes et recouvrent toutes les muqueuses buccales. Les chevaux atteints ( tous les chevaux infectés ne présentent pas de lésions) ont de l'asthénie, une nette baisse de l'appétit ainsi qu'une hyperthermie modérée et peu durable.

Ces vésicules peuvent également se localiser au niveau de la mamelle, du prépuce ainsi que du bourrelet coronaire et de la fourchette du sabot. Dans ce dernier cas, ces lésions podales peuvent entraîner des déformations du sabot et même sa déhiscence.
En règle générale les lésions des épithéliums régressent spontanément en 1 à 3 semaines, mais des complications bactériennes peuvent allonger ces délais.

Chez l'homme, l'infection par le VSV se traduit par un épisode de type grippal (fièvre, maux de tête, myalgies, douleurs généralisées, pharyngite, conjonctivite et adénopathie). L'apparition de lésions vésiculeuses est plus rare ; elles sont également localisées au niveau de la muqueuse buccale. L'évolution vers la guérison est de règle sans complications.

Diagnostic

Chez le cheval l'apparition de vésicules contagieuses est assez pathognomonique. Le pox-virus équin peut produire des papules qui évoluent rapidement en pustules. Par ailleurs cette poxvirose est extrêmement rare chez le cheval.

Dans les autres espèces animales (bovins, porcins) un diagnostic différentiel doit être fait vis-à-vis de l'exanthème vésiculaire et de la fièvre aphteuse.

Le diagnostic de certitude comporte l'inoculation de prélèvements aux rongeurs de laboratoire ou à des cultures cellulaires. La sérologie (anticorps neutralisant, fixant le complément ou ELISA) permettent également de confirmer le diagnostic clinique.

Prévention

Dans certains pays d'Amérique du Sud on injecte des souches vivantes de VSV par voie intra-musculaire. Cette technique permettrait de réduire l'intensité des signes cliniques et protégerait contre d'éventuelles ré-infections. La prophylaxie demeure essentiellement d'ordre sanitaire : désinfection des locaux avec des solutions d'hypochlorite, isolement des animaux atteints, lutte contre les insectes.

La stomatite vésiculeuse des équidés est une maladie à déclaration obligatoire (liste A de l'OIE). Lors de l'importation d'équidés en provenance de pays infectés par la stomatite vésiculeuse, la présentation d'un certificat vétérinaire international doit attester que les animaux :

  1. ne présentaient aucun signe clinique de stomatite vésiculeuse le jour de leur chargement ;
  2. ont séjourné durant les 21 derniers jours, ou depuis leur naissance, dans une exploitation dans laquelle aucun cas de stomatite vésiculeuse n'a été déclaré officiellement pendant cette période, ou
  3. sont restés, durant les 30 jours ayant précédé leur chargement, en station de quarantaine et ont été soumis, avec résultat négatif, à une épreuve diagnostique pour la recherche de la stomatite vésiculeuse 21 jours au moins après le début de la quarantaine ;
  4. ont été protégés des insectes vecteurs pendant la quarantaine et au cours de leur transport jusqu'au lieu de chargement.
 
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