| Infection à EHV-2 et EHV-5 ou Cytomégalovirus Anciennement identifiés comme étant des Bétaherpès-
ou des Cytomégalovirus, les Herpèsvirus de
type 2 (EHV-2) et de type 5 (EHV-5) appartiennent
en réalité à la sous-famille des Gammaherpèsvirus
tout comme le virus humain d'Epstein-Barr,
agent de la mononucléose et isolé de la tumeur
de Burkitt. Ces deux virus sont longtemps
restés au second plan du fait de la prédominance
clinique de EHV-1 et EHV-4. Cependant de
nombreuses études épidémiologiques ont montré
la large séroprévalence de ces deux virus
et leur implication dans des processus respiratoires
chroniques.
Virologie: EHV-2 & -5 ont une structure semblable
à celle de EHV-1 et EHV-4. Les protéines
de leur nucléocapside sont identiques, par
contre ils s'en différencient au niveau de
leurs glycoprotéines. De ce fait ils n'ont
aucune parenté antigénique avec les autres
herpèsvirus équins et en particulier EHV-1
et EHV-4. Bien qu'EHV-2 et EHV-5 appartiennent
à la même sous-famille que le virus humain
d'Epstein-Barr, ils n'ont aucune communauté
antigénique avec ce virus. De même, les tests
sérologiques ont montré une différence antigénique
entre EHV-2 et EHV-5.
Epidémiologie: Les études épidémiologiques ont essentiellement
été réalisées pour EHV-2. Elles montrent
une large présence de ce virus dans les pays
européens, les Etats Unis ainsi qu'en Australasie.
La séroprévalence est comprise entre 20%
chez des poneys élevés en liberté en Angleterre
à plus de 80% pour des chevaux de selle adultes
en Australie.
Une étude portant sur 172 chevaux a montré,
en Allemagne, que 51% des sujets étaient
positifs par PCR et que le virus a été isolé
dans 31% des cas, alors que la quasi-totalité
des chevaux avaient des anticorps séroneutralisants.
Ces résultats tendraient à démontrer que,
contrairement aux autres herpèsvirus, le
phénomène de latence serait de plus courte
durée pour EHV-2. La prévalence du virus
est nettement plus importante chez les chevaux
atteints de troubles respiratoires, les juments
ayant avorté et les chevaux ayant présenté
des troubles nerveux.
La prévalence augmente avec l'âge en particulier
chez les poulains dont la séropositivité
est maximale vers 8/10 mois. L'isolement
du virus peut se faire soit à partir de lavages
trachéaux soit à partir des monocytes sanguins.
Chez des poulains indemnes de troubles respiratoires
on a pu isoler le virus dans 1 prélèvement
trachéal sur 20 sujets mais dans 20 cas sur
30 chez des poulains atteints de troubles
respiratoires discrets. Dans ces 2 populations,
les isolements viraux à partir des monocytes
sanguins se sont avérés positifs dans 100%
des cas.
Il existerait deux souches génétiquement
différentes d'EHV-2. Ces deux souches peuvent
très fréquemment être associées de même qu'avec
des souches de EHV-5.
Espèces: Tous
les équidés:
chevaux, poneys, ânes,
mulets, etc.
Signes cliniques: La reproduction expérimentale de la maladie
par inoculation intranasale
à de jeunes poulains
induit de la toux ainsi
qu'un jetage séreux
qui durent 3 semaines environ.
Des examens
laryngoscopiques montrent
une nette inflammation
du pharynx avec oedème
et congestion ainsi
que la présence de nombreux
follicules dans
les parois du pharynx qui
persistent pendant
de nombreux mois.
L'isolement de EHV-2 est
positive dans la
très grande majorité des
poulains entre 1
et 6 mois d'âge. Les titres
en anticorps
séroneutralisants augmentent
progressivement
pendant cette période,
puis atteignent un
plateau et déclinent lentement.
Bien qu'il soit possible
d'isoler EHV-2 de
poulains et chevaux adultes
sans passé respiratoire
particulier, la détection
du virus est quasiment
systématique chez les sujets
présentant des
troubles respiratoires
s'accompagnant de
jetage mucopurulent, de
fièvre, d'adénite
des ganglions maxillaires
et d'anorexie.
Lorsque ces troubles respiratoires
sont associés
avec de la conjonctivite
ou de l'œdème cornéen,
il n'est pas rare d'isoler
EHV-2 à partir
de raclages de la conjonctive.
Enfin plusieurs auteurs
décrivent la présence
d'ulcérations au niveau
du pharynx qui s'accompagnent
d'une baisse des performances
chez des chevaux
où l'on a isolé le virus.
Pathogénie:
Après contamination par voie respiratoire,
EHV-2 se multiplie au niveau de l'épithélium
du tractus respiratoire supérieur. Le phénomène
de latence d'EHV-2 a lieu dans les lymphocytes
B et les macrophages. Le nombre de cellules
infectées de façon latente peut varier de
4 à 780 pour 106 cellules. La localisation
de ces cellules infectées latentes se trouve
essentiellement dans les tissus lymphoïdes
des ganglions drainant l'appareil respiratoire,
mais aussi au niveau du ganglion nerveux
trigeminal.
Sur des chevaux atteints d'affection respiratoire
chronique, l'isolement de EHV-2 à partir
des macrophages prélevés par lavage broncho-alvéolaire
est possible dans plus de 90% des cas.
Il a été également démontré que l'infection
par EHV-2 ou EHV-5 constituait un facteur
de prédisposition pour l'infection à Rhodococcus
equi chez le poulain et très certainement
vis-à-vis d'infections virales comme la rhinopneumonie.
Chez l'animal infecté, l'excrétion virale
se fait par les voies respiratoires et génitales.
Le virus n'est pas excrété par l'urine ou
le colostrum de juments infectées.
Diagnostic: Il existe un test ELISA et un test de séroneutralisation
pour évaluer la cinétique des anticorps vis-à-vis
d'EHV-2. Le diagnostic de EHV-2 et EHV-5
peut être fait à partir d'écouvillons naso-pharyngés
soit par mise en culture virale soit par
PCR.
Prévention :
Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de vaccin
commercialisé contre les infections à EHV-2
et EHV-5. La difficulté de mise au point
de tels vaccins réside, en particulier, dans
la variabilité de la reproduction expérimentale
d'une telle affection. Un vaccin expérimental
vis-à-vis de EHV-2 a montré une réduction
significative de l'incidence pathologique
due à Rhodococcus equi dans un élevage particulièrement
touché par cette affection bactérienne.
Références:
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