| Artérite Virale L'artérite virale équine (EVA) est une maladie
contagieuse identifiée dès le 19ème siècle
sous le nom de fièvre typhoïde du cheval
et dont l'origine virale fut démontrée par
Doll en 1957 à partir d'un avorton provenant
d'un élevage de Bucyrus (Ohio) présentant
une épizootie d'avortements et de signes
respiratoires.
Maladie spécifique des
équidés (chevaux,
poneys, ânes, mulets et
zèbres) elle provoque
des lésions vasculaires
d'où son appellation
d'Artérite Virale Equine.
Etiologie: Le virus de l'Artérite Virale est un virus
à ARN, enveloppé, de 50 à 70 nm de diamètre.
Il a été classé dans la famille des Togaviridés,
puis ensuite dans celle des Coronaviridés.
Actuellement on le classe dans la famille
des Arteriviridés, au sein d'un groupe de
"coronaviruslike", dans laquelle
on a identifié le virus de la fièvre hémorrhagique
du singe ainsi que le virus du syndrome dysgénésique
et respiratoire porcin (PRRS).
Le virus est constitué d'une nucléocapside
isométrique (ou protéine N) renfermant le
core viral et entouré d'une enveloppe lipidique
dans laquelle sont insérées 3 protéines:
la protéine de membrane M, une grande glycoprotéine
ou GL et une petite glycoprotéine ou GS.
La GL est responsable de l'attachement du
virus sur le récepteur de la cellule hôte
mais est également l'antigène majeur induisant
la production d'anticorps neutralisant par
l'organisme de l'hôte.
Il existe une très forte parenté antigénique
entre les différentes souches isolées de
part le monde et la souche Bucyrus originale.
On estime qu'il n'y aurait qu'un type sérologique,
bien que des différences de virulence et
de pouvoir pathogène soient observées entre
les différentes souches.
Comme tous les virus enveloppés, le virus
EAV se montre sensible à de nombreux antiseptiques
(soude caustique à 2%, saponine à 0.05%,
solvants), à la lumière et à la chaleur.
Il cultive assez facilement sur différents
systèmes cellulaires: rein de hamster nouveau-né,
rein de singe, cellules Vero, etc.
Espèces: Tous
les équidés:
chevaux, poneys, ânes,
mulets, etc.
Epidémiologie: L'artérite virale des équidés est diagnostiquée
dans le monde entier. La séroprévalence varie
énormément suivant les pays et les races
d'équidés. Des foyers infectieux ont été
observés dans la plupart des pays européens
au cours des 10 dernières années tant dans
des centres équestres que dans des haras.
L'augmentation du mouvement des chevaux entre
les pays augmente de façon sensible les risques
de dissémination de cette maladie.
La transmission de l'artérite virale se fait
essentiellement par voie respiratoire par
contact direct avec les sécrétions naso-pharyngiennes
émises par les sujets infectés (pendant 16
jours). Le sang, les faeces, l'urine, les
sécrétions lacrymales et vaginales contribuent
également à la dissémination du virus. D'autres
sources de contamination sont représentées
par les fœtus, le placenta ou le liquide
amniotique provenant de juments ayant avorté
à la suite d'un épisode d'artérite virale.
Il ne semble pas que les insectes puissent
être à l'origine de la transmission de cette
maladie.
Cependant, le mode le plus fréquent de transmission
demeure la voie vénérienne (monte naturelle
ou insémination). Les étalons infectés chroniquement
éliminent le virus dans leur sperme et ce
pendant plusieurs mois en l'absence de tout
signe clinique. Les juments excrètent également
le virus dans leurs sécrétions vaginales
pouvant ainsi contaminer l'étalon lors de
la saillie. En dehors de l'excrétion virale
dans le sperme, le virus EAV ne peut pas
être isolé de différents prélèvements 28
jours après le début de l'infection.
Signes cliniques: Dans la très grande majorité des cas, l'infection
par le virus EAV ne se traduit par des symptômes
détectables. Seuls des examens de laboratoire
peuvent, dans ces cas, détecter la présence
de la maladie.
L'évolution et la sévérité des signes cliniques
peuvent également varier en fonction de la
pathogénicité de la souche virale, de l'état
physiologique des animaux et de leur âge.
En règle générale l'incubation est de courte
durée (7 à 8 jours en moyenne). Les premiers
signes cliniques sont une fièvre marquée
(41°C) qui dure de 2 à 9 jours, un fort abattement,
de l'anorexie, une leucopénie, un œdème des
membres postérieurs, une démarche hésitante,
un jetage séreux nasal et oculaire, de la
conjonctivite, de la rhinite, un œdème des
zones peri- et supra-orbitaire, un œdème
abdominal pouvant inclure le scrotum ou la
glande mammaire. Dans certains cas une réaction
cutanée de type urticarien peut être observée
au niveau de l'encolure, de la face, voire
du corps tout entier.
Chez les juments gestantes, l'infection par
le virus EAV entraîne un avortement dans
10% à plus de 70% des cas. Il peut survenir
à n'importe quel moment entre le 3ème et
le 10ème mois de gestation. Il a lieu dans
un délai de 10 à 33 jours après l'infection.
La contamination peut survenir en fin de
gestation, dans ce cas la jument donnera
naissance à un poulain viable mais infecté
qui développera une forme respiratoire aiguë
de l'EAV. Les juments séropositives n'ayant
pas avorté donnent naissance à des poulains
normaux mais ayant des anticorps maternels
qui disparaissent au bout de 2 à 6 mois après
la naissance. L'avortement ou l'infection
par le virus EAV ne semble pas modifier le
taux de fécondité des juments.
L'épisode fébrile et la leucopénie sont les
signes cliniques les plus constants. Ils
représentent, le plus souvent, les seuls
signes observés.
Chez les jeunes poulains, les chevaux âgés
ou débilités des symptômes plus sévères peuvent
apparaître: détresse respiratoire et pneumonie
interstitielle provoquant la mort des sujets,
toux, diarrhée, ataxie locomotrice, adénopathie
en région maxillaire, papulo-vésicules de
la muqueuse labiée, œdème inter-mandibulaire.
Le plus souvent les animaux infectés récupèrent
assez vite sans séquelles apparentes (en
3 à 4 semaines).
Les conséquences les plus
importantes se
situent au niveau des étalons.
Après une
phase aiguë de la maladie,
on note une baisse
sensible de la motilité,
de la concentration
et du pourcentage des spermatozoïdes
normaux.
Cette baisse de la fécondité
des mâles peut
persister pendant plusieurs
mois. De plus
ces étalons sont susceptibles
d'excréter
le virus EAV dans leur
sperme pendant quelques
semaines (porteurs à court
terme) ou pendant
des années (porteurs à
long terme). Ce sont
30 à 60% des étalons infectés
qui deviennent
porteurs à long terme et
risquent donc de
contaminer les juments
au moment de la saillie.
Il ne semble pas que le
portage chronique
existe chez les juments.
Pathogénie:
Après contamination par voie oro-nasale,
le virus commence à se répliquer dans les
macrophages de la trachée, des bronches et
dans les ganglions lymphatiques bronchiques.
Puis au bout de 3 jours on assiste à la phase
de virémie qui dissémine le virus EAV dans
tout l'organisme et plus particulièrement
dans les macrophages et les cellules épithéliales.
Des lésions caractéristiques sont observées
au niveau des épithéliums vasculaires des
artérioles de l'appareil respiratoire, puis
des veines et artères de l'ensemble du corps.
Il s'en suit une nécrose et une infiltration
de la tunica media et plus tard d'un œdème
de la tunique adventice. Des phénomènes de
thrombose sont rarement observés.
Dans les avortements, on observe une nécrose
du myomètre et un œdème de l'endomètre entraînant
un décollement placentaire et la mort du
fœtus. Ces lésions placentaires sont dues
à des lésions vasculaires. Les fœtus expulsés
sont en grande partie autolysés.
Diagnostic: De nombreuses affections fébriles, respiratoires
et/ou abortives peuvent présenter une symptomatologie
voisine de celle observée lors d'EAV (rhinopneumonie, grippe, anémie infectieuse, leptospirose, purpura hémorrhagique, urticaire, intoxications). Dans le cas des avortements à EHV1, les fœtus sont rarement autolysés et présentent des lésions caractéristiques de cette virose.
Le diagnostic de l'artérite virale repose sur l'isolement du virus ainsi que sur des tests sérologiques. L'isolement viral est pratiqué à partir d'écouvillons nasopharyngés ou de prélèvements sanguins sur tube hépariné réalisés le plus tôt possible durant la phase aiguë de la maladie. Lors d'avortement, des prélèvements de placenta ou de poumon fœtal sont également à effectuer. Sur les étalons séropositifs les recherches seront faites sur un prélèvement de sperme. La recherche du virus se fait soit par mise en culture du prélèvement sur un système cellulaire sensible soit par PCR.
Les examens sérologiques sont faits à l'aide de 2 prélèvements sanguins espacés de 21 à 28 jours. La recherche d'anticorps neutralisants en présence de complément est la méthode recommandée. Le seuil de positivité est de 1/4 ou au-delà. Les tests ELISA semblent donner des résultats plus fréquemment positifs que la séroneutralisation et seraient donc plus sensibles.
Prévention - Contrôle:
Aux USA, il existe un vaccin vivant atténué
(ARVAC®) utilisé depuis 1985 et un vaccin
inactivé (ARTERVAC®) est autorisé en Grande
Bretagne et Irlande depuis 1993.
Le vaccin atténué nécessite une injection
intramusculaire pour les juments un mois
environ avant la saillie. Les anticorps neutralisants
apparaissent 4 à 10 jours après l'injection
et durent plus d'un an. Cependant cette vaccination
ne protège que contre les signes cliniques
et ne peut empêcher l'infection, la multiplication
et l'excrétion virale. Le vaccin inactivé
est adjuvé, nécessitant 2 injections à 3/4
semaines d'intervalle et ne protège que vis-à-vis
des troubles cliniques. L'inconvénient de
ces 2 vaccins est d'entraîner une séropositivité
identique à celle observée chez les animaux
infectés.
Des mesures sanitaires, appliquées au niveau
international, permettent d'effectuer un
contrôle efficace de cette maladie et en
particulier pour les étalons ou la semence
utilisée pour l'insémination artificielle.
La période d'infectiosité de l'EAV est fixée
à 28 jours pour les juments et les hongres.
Les étalons séropositifs doivent être testés
pour vérifier qu'ils n'éliminent pas le virus
dans leur semence.
Pour l'importation d'équidés mâles il y a
lieu de fournir un certificat vétérinaire
international attestant que les équidés:
1. N'ont présenté le jour de leur chargement,
ni durant les 28 jours précédents, aucun
signe clinique d'artérite virale;
2. Ont été soumis, avec résultat négatif,
à 2 épreuves sérologiques pour la recherche
de l'EAV effectuées à au moins 14 jours d'intervalle
pendant les 28 jours ayant précédé leur chargement,
ou bien;
3. Ont été soumis, avec résultat négatif,
à 1 épreuve sérologique réalisée à un âge
situé entre 6 et 12 mois, et ont été immédiatement
vaccinés contre la maladie et régulièrement
revaccinés, ou bien;
4. Ont été soumis, avec résultat positif,
à une épreuve sérologique pour la recherche
de l'EAV et:
· Ont été accouplés à 2 juments, qui ont
été soumises, avec résultat négatif, à 2
épreuves sérologiques, une effectuée le jour
de la monte et l'autre 28 jours après, ou
· Que la semence prélevée pendant les 28
jours ayant précédé le chargement, a été
soumise, avec résultat négatif, à une épreuve
d'isolement du virus.
Pour les autres équidés (femelles ou hongres)
les obligations sont les mêmes sauf en ce
qui concerne le § 4 et pour le §2 on admet
des animaux séropositifs, si entre les 2
tests il y a stabilité ou déclin des taux
d'anticorps. Pour l'importation de semence
fraîche ou congelée, les exigences sont très
voisines.
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