Merial France - Accueil
Contactez Merial Plan du Site
Recherche FAQ
Information Légale Définir cette page comme ma page d'accueil
Green
White

Accueil > Vétérinaires > Equidés > Pathologie > Piroplasmose
Information Pathologies
 
Retour
 
PIROPLASMOSE

Chez le cheval, la piroplasmose ou babésiose est une maladie parasitaire due à des protozoaires qui sont transmis par différentes espèces de tiques. Le plus souvent elle sévit sous forme enzootique, se caractérise par un syndrome hémolytique accompagné de signes cliniques atypiques et a une évolution aiguë ou chronique.

Etiologie

Deux parasites sont susceptibles de contaminer les équidés : Babesia caballi (anciennement Babesia equi) et Theileria equi (anciennement Nuttallia equi)

  • Babesia caballi
  • Chez le cheval, B. caballi est en position intra-érythrocytaire et se présente sous une forme piriforme (d'où le nom de piroplasme) de 2,5 à 4 µm de long ou ovalaire de 1,5 à 3 µm de diamètre. En règle générale ces piroplasmes sont groupés par deux dans les globules rouges parasités.

    L'inoculation de B. caballi se fait par l'intermédiaire de tiques : Dermacentor reticulatus, D. marginatus, Rhipicephalus sanguineus, Boophilus annulatus, Haemaphylasis spp. et Hyalomma spp. La plus grande partie du cycle évolutif se fait chez les tiques vectrices.

    Après pénétration dans les hématies (grâce à la fraction C3 du complément), les sporozoïtes sont situés dans une vacuole parasitophore où ils évoluent en "trophozoïtes" qui grossissent et commencent à se diviser. Les mérozoïtes (ou cellules filles) sont libérés par rupture de l'hématie et vont envahir des globules rouges sains et continuer ainsi leur cycle. Certains de ces mérozoïtes vont évoluer en formes circulaires qui ne se divisent plus et constituent les gamétocytes. La parasitémie atteint près de 5% des hématies.

    Lors du repas de sang pratiqué sur un animal infesté, la tique femelle va absorber des hématies parasitées. Les mérozoïtes présents dans les hématies seront détruits dans le tube digestif de la tique, par contre les gamétocytesvont poursuivre leur développement. Ces derniers se localisent dans la paroi stomacale de la tique, évoluent en corps rayonnés correspondant à des gamètes qui vont s'unir et fusionner 2 par 2 et donner naissance à un zygote mobile ou ookinète. Cet ookinète va subir une division et produire des sporokinètes qui vont gagner divers organes et tissus de la tique: ovaires, fibres musculaires, tubes de Malpighi, tout en restant en position intracellulaire.

    Il y a donc une transmission trans-ovarienne de ces sporokinètes qui vont envahir les glandes salivaires dans les 24 heures qui suivent la fixation de la larve sur son hôte. A ce niveau les sporokinètes se transforment en sporozoïtes qui vont à leur tour parasiter les hématies de l'hôte. La persistance des sporokinètes dans l'organisme de la tique sont responsables de la transmission trans-stadiale du parasite.

  • Theileria equi
  • T. equi est un parasite intra-érythrocytaire de plus petite taille que B. caballi (2 µm de long) et il est disposé en tétrades cruciformes.

    Comme tous les protozoaires du genre Theileria, T. equi a une localisation schizogonique extra-érythrocytaire dans les cellules endothéliales des vaisseaux capillaires ainsi que dans les lymphocytes. Les lymphocytes parasités sont appelés immunoblastes et renferment deux types de schizontes : des macro-schizontes (renfermant 15 à 20 noyaux) et des micro-schizontes (contenant plus de 200 noyaux).
    Les tiques vectrices sont les mêmes que celles responsables de la transmission de B. caballi, par contre il n'y aurait pas de transmission trans-ovarienne de T. equi.

    Au cours du repas de sang, la tique injecte des sporozoïtes qui vont infecter les lymphocytes. Ils se transforment en macro-schizontes et micro-schizontes qui au bout de 10/12 jours vont libérer des mérozoïtes piriformes qui vont pénétrer dans les hématies.

    Epidémiologie

    B. caballi infecte les équidés (cheval, mulet, âne) des pays du Sud de l'Europe, d'Europe de l'Est, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique Centrale et des USA. En France on observe de nombreux foyers plus particulièrement en Vendée-Poitou, dans l'Ain, la Loire, le Charolais et la Champagne. Les régions situées au Nord d'une ligne Bordeaux - Lyon sont considérées comme infectées. Les jeunes chevaux semblent être plus résistants à cette parasitose que les chevaux âgés. Du fait d'une certaine immunité ou prémunition, les animaux élevés dans les régions d'endémie sont plus résistants que les chevaux venant de régions indemnes. L'infestation est liée à l'activité saisonnière des tiques, et les cas cliniques sont plus fréquents au printemps et à l'automne.

    T. equi a une répartition géographique assez semblable, mais semble plus fréquente dans les zones tropicales que B. caballi. En France il existerait deux importants foyers, en Vendée-Poitou et dans le Sud-Ouest. La coexistence de ces deux parasites chez le même hôte serait assez fréquente.

    Signes cliniques

  • Babesia caballi

    Après une incubation d'une durée de 1 à 3 semaines, la piroplasmose à B. caballi débute par une soudaine et importante hyperthermie (41 à 42°C) qui dure 1 à 2 jours et qui se maintient ensuite en plateau (40 à 41°C) pendant 8 à 10 jours. Cette forte hyperthermie s'accompagne de signes généraux : tuphos, anorexie, congestion des muqueuses, polypnée, tachycardie. Quelques jours après le début de l'affection vont survenir des troubles hématologiques: anémie, sub-ictère parfois absent, hémoglobinurie tardive et inconstante.

    Comme dans toutes les babésioses on peut observer des formes atypiques : entérite, dysphagie, coliques, œdème pulmonaire, ataxie, syndrome méningo-encéphalitique, kératite, oedèmes déclives.

    Cette forme aiguë classique évolue en 8/10 jours vers la mort en l'absence de traitement. On peut observer une forme chronique se traduisant par une anémie permanente avec portage du parasite pendant plusieurs mois ou années.

  • Theileria equi
  • L'incubation est de l'ordre de 12/15 jours. La maladie débute par une hyperthermie moins marquée (39 à 40°C) et d'allure cyclique. L'anémie est beaucoup plus marquée (moins de 3M de globules rouges) avec lymphocytose. L'ictère est constant et très net, par contre l'hémoglobinurie est beaucoup plus rare.

    Il n'y a pas de complications respiratoires ou nerveuses, mais très souvent on observe des oedèmes et des pétéchies des muqueuses. La maladie évolue en 8/10 jours et la mortalité peut atteindre 40% en l'absence de traitement.

    Des formes suraiguës peuvent entraîner la mort en 48 heures. La parasitémie peut être observée dans 30 à 90% des érythrocytes. Une forme chronique peut aussi exister caractérisée par de l'anémie avec parfois un sub-ictère. La parasitémie peut alors subsister pendant plusieurs années.

    Diagnostic

    Le diagnostic clinique est basé sur des considérations épidémiologiques locales, sur l'hyperthermie, l'anémie, l'ictère et l'hémoglobinurie.

    Le diagnostic différentiel doit être fait vis-à-vis de l'artérite virale, des ehrlichioses, des leptospiroses, de la myoglobinurie paroxystique, etc.

    La confirmation du diagnostic est faite par la mise en évidence du parasite dans les hématies mais surtout par la sérologie. Les tests immunologiques permettent de détecter les animaux infectés latents et satisfont aux exigences des pays importateurs. La recherche des anticorps fixant le complément est possible à partir du 20ème jour suivant l'infection pour B. caballi et du 30ème jour pour T. equi. Ces anticorps disparaissent assez rapidement (en quelques mois) et peuvent se négativer après un traitement à l'imidocarbe.
    L'immunofluorescence indirecte permet de détecter les anticorps vis-à-vis de B. caballi dès le 8ème jour après l'infection et dès 14/15 jours pour T. equi. Ces anticorps persistent jusqu'à 18 mois mais ne permet pas de différencier les 2 parasites. Il en est de même pour les tests ELISA.

    Traitement

    Pour la babésiose à B. caballi, on utilise l'imidocarbe à la dose de 2mg/kg en injection unique intramusculaire profonde à l'encolure.

    Pour la theilériose équine, l'oxytétracycline (12 mg/kg/jour pendant 7 jours) a donné de bons résultats. L'efficacité de l'imidocarbe semble controversée: elle ne serait efficace que sur les formes intra-érythrocytaires et nécessiterait des posologies plus élevées (de l'ordre de 5mg/kg) avec des injections répétées à 72 heures d'intervalle.

    Les traitements symptomatiques (réhydratants, tonicardiaques, hépatorénaux, etc.) sont à associer au traitement piroplasmicide.

    Prévention

    Il n'existe pas de vaccin contre les piroplasmoses du cheval.

    Une chimioprévention grâce à l'imidocarbe peut être envisagée contre B. caballi. L'application sur l'animal d'insecticides actifs contre les tiques peut être recommandée sous réserve que le produit utilisé soit agréé dans l'espèce équine et que les tiques vectrices soient monophasiques.

    Pour l'importation/exportation des équidés de nombreux pays exigent une sérologie négative. Le code zoo-sanitaire international prévoit que les équidés ne doivent présenter, le jour de leur chargement, aucun signe clinique de piroplasmose équine, ont été soumis, avec résultat négatif, à des épreuves diagnostiques pour la recherche de la piroplasmose équine (Babesia equi et B. caballi) pendant les 30 jours ayant précédé leur chargement ou ont été traités contre les tiques pendant les 7 jours ayant précédé leur chargement.

    Pour les chevaux importés à titre temporaire (cas des compétitions) le même code prévoit que les équidés ne présentent, le jour de leur chargement, aucun signe clinique de piroplasmose équine, ont été traités contre les tiques pendant les 7 jours ayant précédé leur chargement, que les chevaux sont maintenus dans un périmètre où les précautions nécessaires sont prises pour contrôler les tiques et où ils sont placés sous la surveillance directe de l'autorité vétérinaire et que les chevaux sont examinés régulièrement pour rechercher la présence de tiques sous la surveillance directe de l'autorité vétérinaire.

     
    Haut de Page
    ©2010 Merial
    Conditions générales d’utilisation
    Animaux de Compagnie - Accueil
    Chevaux - Accueil
    Ruminants - Accueil
    Aviaires - Accueil
    Production Porcine - Accueil