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DOURINE

Maladie infectieuse des équidés due à un protozoaire Trypanosoma equiperdum, la Dourine (appellation venant de l'arabe Darina signifiant sale) se transmet uniquement au cours de l'acte sexuel, d'où son nom de Syphilis du cheval. Cette maladie a des conséquences économiques très importantes, particulièrement dans certaines régions d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie et d'Amérique du Sud.

Etiologie

Trypanosoma equiperdum est un protozoaire appartenant à la famille des Trypanosomidés, au genre Trypanosoma, au sous-genre Trypanozoon et au groupe de Trypanosoma evansi. Il mesure de 16 à 36 µm de long et de 1,5 à 2,5 µm de large et abonde dans les oedèmes, le sperme, le mucus vaginal ainsi que dans les lésions cutanées.

Epidémiologie

A l'inverse de la plupart des autres trypanosomes, la transmission de T. equiperdum ne se fait pas par l'intermédiaire d'insectes vecteurs mais uniquement par voie sexuelle.
La Dourine est une maladie enzootique en Afrique (du Nord au Sud) et en Amérique du Sud. Quelques cas sporadiques ont parfois été identifiés dans les pays occidentaux, mais étaient plus le fait d'animaux importés que de véritables foyers.
C'est une maladie spécifique des équidés et plus particulièrement des chevaux reproducteurs. Les ânes et les mulets y sont beaucoup moins sensibles. La pérennité de l'infection est due aux étalons qui demeurent infectés toute leur vie et éliminent le parasite dans leur sperme. Le plus souvent les baudets sont infectés de façon inapparente mais leur sperme est également contaminant.
La transmission se fait pendant la saillie, le parasite traverse aisément les muqueuses génitales même en l'absence de micro-lésions. Les muqueuses oculaires, nasales et buccales peuvent également servir de point d'inoculation.

Signes cliniques

En règle générale, chez le cheval, la dourine évolue en trois phases distinctes :

1 - Infection primaire des organes génitaux

Après une incubation de l'ordre de 4 semaines chez le mâle on observe un œdème du fourreau et du scrotum. Cet œdème chaud et douloureux évolue assez rapidement en oedèmes froids, indurés et indolores. La muqueuse du pénis présente des ulcérations rendant la miction douloureuse. Une légère hyperthermie peut être observée mais l'appétit est conservé bien qu'un léger amaigrissement soit perceptible.
Chez la jument, l'incubation est plus courte (1 semaine) et l'œdème atteint les lèvres de la vulve, le périnée et la mamelle. Les muqueuses sont congestionnées et présentent des suffusions ("Exanthème coïtal"), et des ulcères recouverts d'un dépôt jaunâtre. Ces lésions entraînent un important prurit. Peu à peu ces ulcères cicatrisent donnant des plaques cicatricielles (aspect en peau de crapaud).

2 - Infection secondaire ou cutanée

Quelques semaines après la phase oedémateuse, l'état général commence à se dégrader : les animaux maigrissent et présentent des troubles nerveux (affaissement des muscles auriculaires, oculaires et labiaux, troubles de la démarche en particulier du train postérieur) et cutanés (larges papules saillantes de 3 à 5 cm de diamètre sur le corps, adénopathie).
Ces lésions cutanées peuvent disparaître ou persister plusieurs jours.

3 - Infection tertiaire ou paralytique

L'état général est de plus en plus affecté, l'anorexie est presque totale. Progressivement des parésies puis des paralysies des membres entraînent un décubitus prolongé et permanent qui précède la mort, par complications pulmonaires, de quelques jours à quelques semaines.
Chez l'âne l'évolution est beaucoup plus lente et la symptomatologie beaucoup plus discrète.

Diagnostic

Le diagnostic clinique repose sur l'observation des lésions de l'appareil génital et des lésions cutanées.
Le diagnostic différentiel doit être fait vis-à-vis de l'infection par l'EHV3 ou Exanthème coïtal (dans ce cas les ulcères évoluent rapidement vers la guérison, il n'y a pas de signes cutanés ni d'atteinte de l'état général).
Le diagnostic de laboratoire repose sur la mise en évidence du parasite (examen direct au microscope des sérosités des oedèmes et des lésions cutanées), sur l'inoculation de prélèvements dans les testicules du lapin, ou plus facilement par examen sérologique (fixation du complément qui devient positive trois semaines après le début de l'infection).

Traitement

Surtout pratiqué dans les zones d'enzooties, le traitement fait appel aux mêmes substances que celles utilisées pour traiter les autres trypanosomoses à T. evans i: la suramine (10 mg/kg), la mélarsomine (CYMERLARSAN®) à 0,25mg/kg, la quinapyramine (3mg/kg) et le diminazène (7mg/kg).

Prévention

En zone infectée on réalise la castration des étalons infectés ou l'abattage des animaux malades.
En Europe, la prévention est basée sur des mesures classiques de prophylaxie sanitaire : contrôle des animaux importés et détection sérologique des animaux infectés, mise en quarantaine, etc.
En France la Dourine est une maladie réputée légalement contagieuse à déclaration obligatoire et comporte des mesures sanitaires particulières : isolement et marquage des animaux atteints, mise sous surveillance des animaux suspects, contrôle des étalons, désinfection des locaux et du matériel, etc. Normalement l'importation des équidés en provenance de pays infectés est interdite. Il peut y avoir des dérogations, mais dans ce cas les animaux sont mis sous surveillance pendant un mois et des contrôles sérologiques sont effectués.

Références

Euzeby J
Protozoologie médicale comparée
Vol I: Généralités, Sarcomastigophores, Ciliés, Collection Fondation Marcel Mérieux, 1986.
 
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