| CRYPTOSPORIDIOSE DU POULAIN
La cryptosporidiose est une affection
parasitaire des cellules intestinales due à un protozoaire
proche des coccidies, Cryptosporidium parvum, susceptible
d'infester la plupart des mammifères.
Elle se rencontre essentiellement chez les très jeunes sujets
ainsi que chez les animaux immunodéprimés.
Etiologie
Cryptosporidium parvum
est un protozoaire du genre Cryptosporidium, de la famille
des Cryptosporidiidés et du sous-ordre des Eimeriorina.
Très proche des coccidies, il se différencie du genre
Eimeria par l'absence de spécificité d'hôte et par sa
localisation à la surface des épithéliums.
Plusieurs espèces de cryptosporidies sont décrites, mais
C. parvum est la seule espèce susceptible de parasiter
les mammifères domestiques ainsi que l'homme.
Les ookystes de C. parvum sont de très petite taille,
ovoïdes de 3 à 4 µm de diamètre. Ils sont rejetés sous forme
sporulée renfermant 4 sporozoïtes qui constituent la forme
infestante du parasite. Dans le tractus digestif, les sporozoïtes
se transforment en trophozoïtes qui sont localisés dans
la bordure en brosse des cellules épithéliales en position
extra-cytoplasmique. Ils forment ainsi des mérontes donnant
naissance à des mérozoïtes qui vont se différencier en gamétocytes.
Après fécondation apparaissent des petits ookystes qui vont
sporuler. Ces ookystes vont être rejetés avec les fèces
ou vont pouvoir donner lieu à une retro-infestation endogène.
La période prépatente est très courte : 2 à 10 jours.
Les ookystes sporulés sont extrêmement résistants dans le
milieu extérieur et survivent de longs mois. Ils demeurent
insensibles à la plupart des désinfectants sauf à de très
fortes concentrations (formol ou ammoniaque à 10%).
Le pouvoir pathogène des cryptosporidies est mal connu.
Certains animaux excrètent des ookystes sans présenter le
moindre trouble. En revanche, le pouvoir pathogène est exacerbé
lors d'infections concomitantes (Rotavirus, Salmonelles,
Colibacilles, Clostridies, Strongyloides, etc.) ou lors
d'immunodépression (Déficit Immunitaire Sévère du poulain
de race Arabe).
Epidémiologie
Les sources d'infestation sont
représentées par les chevaux adultes, et plus particulièrement
les juments suitées, qui sont susceptibles d'excréter des
ookystes sans présenter de troubles cliniques particuliers.
Les ookystes sporulés infestants sont ingérés par les poulains
qui lèchent les litières, leur mère, des aliments souillés
ou lors des tétées. Les enquêtes épidémiologiques montrent
un taux de prévalence élevé sur des poulains atteints de
troubles digestifs (jusqu'à 40%), alors que sur des weanlings,
des yearlings et des adultes le taux de prévalence dépasse
rarement les 3%. Il semble donc que l'importance de cette
affection soit corrélée avec l'âge.
Les très jeunes animaux se montrent beaucoup plus réceptifs
que les sujets de plus de 6 mois d'âge. Le parasitisme à
C. parvum est souvent associé à la présence de Giardia
intestinalis ainsi qu'à d'autres agents infectieux du
tube digestif comme Clostridium perfringens ou Strongyloides
westeri.
La cryptosporidiose est particulièrement grave chez les
poulains atteints de déficit immunitaire. Le défaut d'absorption
du colostrum ainsi qu'une hypo-gammaglobulinémie sont également
des facteurs aggravants. Les conditions d'élevage, comme
la surpopulation ou des conditions hygiéniques médiocres,
sont également des facteurs favorisants de cette affection.
Il a été signalé des foyers de cryptosporidiose dans des
cliniques équines, dans ces cas il s'agit d'une transmission
nosocomiale. La contamination humaine peut survenir essentiellement
à partir de poulains diarrhéiques. De strictes mesures hygiéniques
sont recommandées pour le personnel. Dans la mesure où le
taux de prévalence est très faible pour les chevaux adultes
de loisir, les risques de contamination humaine sont pratiquement
négligeables.
Signes cliniques - diagnostic
La cryptosporidiose se traduit
par une diarrhée profuse chez les poulains nouveau-nés
âgés de 3 à 21 jours. Cette diarrhée jaunâtre et glaireuse
s'accompagne d'anorexie, d'hyperthermie et d'une déshydratation
importante. Sans traitement approprié, un état cachectique
précède la mort de quelques jours.
Chez les sujets plus âgés on peut observer un ramollissement
des matières fécales. Les lésions sont celles d'une entérite
catarrhale intéressant la totalité du tube digestif ou localisées
au niveau de l'iléon. L'examen histologique révèle une érosion
de l'épithélium intestinal, une infiltration de la lamina
propria et la présence des formes parasitaires dans la bordure
des cellules. La mise en évidence des ookystes peut se faire
par flottation des fèces, par coloration de Ziehl ou par
immunofluorescence indirecte.
La sérologie (ELISA) n'est utilisée que pour les enquêtes
épidémiologiques. Il n'y a pas de relation directe entre
le taux observé et la gravité de l'affection.
Traitement - Prévention
La prévention repose sur des
mesures hygiéniques : enlèvement quotidien des litières,
désinfection par la vapeur d'eau sous pression.
Le traitement est basé sur l'utilisation des sulfamides
qui seront associés aux thérapeutiques symptomatiques
(réhydratation, pansements gastro-intestinaux, vitaminothérapie,
etc.).
Références
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