Onchocercose du cheval à O. reticulata et O. cervicalis
L'onchocercose des équidés est une filariose
des ligaments dont la transmission
est assurée
par des insectes hématophages.
Observée dans
le monde entier sa fréquence
est cependant
liée à la biologie des
insectes vecteurs.
Etiologie: Deux espèces particulières d'Onchocerca sont
susceptibles de parasiter
les ligaments du
cheval. Onchocerca reticulata
est responsable
de l'onchocercose du ligament
suspenseur
du boulet et Onchocerca
cervicalis provoque
l'onchocercose du ligament
cervical.
Ces parasites sont des
nématodes, de l'ordre
des Spirurida, super-famille
des Filarioidea
et de la famille des Onchocercidés.
Outre
ces 2 parasites des équidés,
on retrouve
dans cette famille des
Onchocercidés un certain
nombre de parasites pathogènes
pour l'homme
et l'animal dont en particulier,
Onchocerca
volvulus provoquant chez
l'homme une affection
oculaire ou cécité des
rivières, Dirofilaria
immitis agent de la dirofilariose
cardio-pulmonaire
des carnivores et Wuchereria
bancrofti ou
filaire de Bancroft parasite
des vaisseaux
lymphatiques de l'homme.
Des onchocerques
ligamentaires très proches
de ceux des équidés
sont observés chez les
bovins, mais ces parasites
sont très spécifiques (O.
gutturosa et O.
lienalis).
L'infestation des chevaux
se fait par piqûre
de femelles d'insectes
hématophages, qui
sont des hôtes intermédiaires
obligatoires.
Ces derniers ingérent des
embryons lors de
repas de sang et permettent
la formation
de larves 3 infestantes
qu'ils inoculeront
par la suite. L'onchocercose
des équidés
est transmise par des Culicoides
qui sont
des Diptères Nématocères,
de la famille des
Chironomidés et de la sous-famille
des Ceratopogoninés.
Il existe plus de 1000
espèces différentes
de Culicoides. Certains
de ces insectes piqueurs
sont des vecteurs de maladies
virales redoutables
comme la Peste Equine,
la Fièvre Catarrhale
du Mouton ou Bluetongue,
la Fièvre de la
Vallée du Rift et la Stomatite
Vésiculeuse.
Espèces: Tous les équidés: chevaux, poneys, ânes,
mulets, zèbres. Très occasionnellement
Onchocerca
cervicalis et reticulata
sont à l'origine
d'affections oculaires
chez l'homme et le
chien.
Epidémiologie:
- Répartition géographique:
Parasitose cosmopolite
rencontrée en Europe,
Afrique, Amériques du Nord
et du Sud, Australie,
Moyen-Orient, Asie, etc.
La fréquence de
cette affection est cependant
plus importante
dans les régions chaudes
et humides où les
conditions climatiques
facilitent la biologie
des insectes vecteurs.
- Importance:
L'onchocercose équine est
plus souvent observée
dans le sud de l'Europe,
cependant des cas
sont signalés en Angleterre
et en Allemagne.
En Autriche, la prévalence
dépasserait 80%.
Aux USA la prévalence est
très élevée dans
les états situés autour
du golfe du Mexique
et peut atteindre plus
de 50% des chevaux.
- Epidémiologie descriptive:
L'onchocercose équine peut
survenir sur des
chevaux de tout âge, mais
sa fréquence semble
beaucoup plus importante
sur des chevaux
âgés de 5 ans et plus.
La contamination a
lieu à la belle saison,
les risques étant
beaucoup plus élevés pour
les animaux vivant
à proximité de zones marécageuses
ou humides.
- Epidémiologie analytique:
Les animaux porteurs de
microfilaires représentent
une source de contamination
pour les Culicoides.
Dans la mesure où les œufs
et larves des
insectes vecteurs peuvent
se maintenir en
hypobiose pendant les périodes
climatiques
défavorables, la reproduction
des adultes
de Culicoides est assurée
de façon pérenne.
Signes cliniques: En règle générale, la présence de nodules
parasitaires d'Onchocerca
à l'intérieur des
tendons entraîne peu ou
pas de signes cliniques
correspondants.
O. reticulata serait l'espèce
la plus pathogène
pouvant provoquer une boiterie
avec déformation
oedémateuse de la partie
postérieure du canon.
Cet œdème va évoluer en
nodules irréguliers
des ligaments suspenseurs
ou fléchisseurs
du boulet. Beaucoup plus
rarement, ces lésions
peuvent aller jusqu'à une
rupture du ligament
suspenseur à la suite d'un
effort violent.
O. cervicalis donne des
symptômes très discrets:
zones circulaires cutanées
dépilées (phénomène
lié aux microfilaires et
non aux filaires
adultes), atrophie des
muscles autour du
garrot.
Chez les sujets fortement
et anciennement
parasités, la migration
des microfilaires
peut atteindre la sphère
oculaire. Le derme
des paupières, puis de
la conjonctive et
enfin l'œil tout entier
sont envahis par
les larves. Il se forme
alors une kérato-conjonctivite,
qui peut prêter à confusion
avec les affections
récidivantes ou fluxion
périodique liées
à des Leptospires.
Cependant les symptômes
les plus fréquemment
observés sont ceux d'une
intense réaction
cutanée de type allergique
vis-à-vis des
microfilaires et/ou des
piqûres des Culicoides.
Ces réactions cutanées
entrent dans le cadre
du syndrome de la dermatite
estivale. Des
lésions de dermatite exsudative
avec alopécie
et prurit intense sont
les signes caractéristiques
de ce syndrome.
- Lésions:
Lors de parasitisme important
on peut observer
une hypertrophie des ligaments
atteints ainsi
que la présence de nombreux
nodules, le plus
souvent sclérosés et calcifiés.
Pathogénie:
L'insecte vecteur (Culicoides ) est un petit
diptère à l'allure de moucheron
et mesurant
1 à 2 mm de long. Seules
les femelles sont
hématophages et se nourrissent
de sang ou
de lymphe dermique, ce
qui est indispensable
pour assurer leur reproduction.
Les mâles
se nourrissent de sève
ou de nectar. Les
adultes sont de médiocres
voiliers et leurs
déplacements n'excèdent
guère quelques centaines
de mètres. Leur durée de
survie est de l'ordre
de 70 jours.
Après fécondation, la femelle
pond une soixantaine
d'œufs dans des gîtes situés
en bordure de
marais ou de zones très
humides. Il peut
y avoir jusqu'à 3 cycles
de ponte dans sa
vie. Ces œufs (de 0,3 à
0,5 mm de long) vont
éclore au bout de 2 à 15
jours, mais si les
conditions climatiques
sont défavorables
(sécheresse, froid) ils
peuvent rester en
hypobiose pendant plusieurs
mois.
De ces œufs vont éclore
des larves qui se
nourrissent de débris végétaux
en décomposition
et vont se transformer
en nymphes en 2 semaines
(toutefois cette durée
peut-être plus longue
en cas de conditions climatiques
défavorables
et comme pour les œufs
une période d'hypobiose
de plusieurs mois peut
survenir). Le stade
nymphal a lieu en milieu
aquatique.
En quelques jours, la nymphe
donne naissance
à un nouvel adulte. Dans
les climats tempérés,
l'apparition des adultes
a lieu de fin mars
à fin octobre. Au cours
de leurs multiples
repas de sang les femelles
peuvent se contaminer
sur leur hôte en absorbant
les microfilaires
d'Onchocerca.
Les adultes d'Onchocerca
reticulata sont
localisés dans des nodules
de 3 à 6 cm de
long situés dans le ligament
suspenseur du
boulet et s'enroulent volontiers
parmi les
fibres tendineuses . Les
mâles mesurent 27
cm de long sur 0,15 mm
de large et les femelles
ont une longueur de 40
à 75 centimètres sur
0,25 à 0,4 mm de large.
Les femelles sont
vivipares et après fécondation
elles donnent
naissance à des embryons
(microfilaires)
longs de 0,25 mm sur 5
à 7µm de large. Ces
microfilaires vont migrer
dans la lymphe
dermique où elles peuvent
être absorbées
par une femelle de Culicoides
lors de son
repas. Après un cours séjour
dans l'estomac
de l'insecte, elles subissent
deux mues et
se retrouvent stade infestant
de L3 infestante
au niveau des pièces buccales
de l'insecte.
Une fois inoculées à un
nouvel hôte, au cours
d'un nouveau repas de sang,
ces larves gagnent
les tendons par voie sanguine
et s'y transforment
en adultes. La période
prépatente est très
longue, de l'ordre de 6
mois à 1 an.
Le cycle d'Onchocerca cervicalis
est très
voisin de celui d'O. reticulata.
Les adultes
sont localisés dans des
nodules parasitaires
situés dans le ligament
cervical. Les mâles
mesurent 6 à 7 centimètres
de long et les
femelles près de 30 centimètres.
Les larves
ou microfilaires ont 0,2
à 0,25 mm de long
sur 4 à 5µm de large.
Diagnostic: La mise en évidence des microfilaires dans
la lymphe dermique se fait
grâce à des prélèvements
de fins copeaux cutanés.
Les prélèvements
ainsi réalisés sont placés
dans quelques
gouttes de sérum physiologique
et on recherchera
les microfilaires dans
ce liquide. On peut
ainsi observer plusieurs
centaines de larves
par mm2 de prélèvement.
Méthodes de lutte:
- Traitement insecticide:
L'application d'insecticides
(organophosphorés,
pyréthroides, carbamates,
voire fipronil)
peut limiter les risques
de piqûres d'insectes.
Cependant peu de spécialités
sont autorisées
pour leur utilisation chez
les équidés.
- Traitement filaricide
La diéthylcarbamazine a
été autrefois employée
pour éliminer les microfilaires;
elle peut
cependant entraîner des
réactions allergiques
prurigineuses du fait de
son effet larvicide
brutal.
L'Ivermectine (0,2 mg/kg)
représente le traitement
de choix pour éliminer
les microfilaires
d'Onchocerca. Son efficacité
est supérieure
à 99%.
- Interventions dans le
milieu:
La suppression des "nids"
de reproduction
des Culicoides est illusoire
dans le milieu
extérieur.
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