| La Grande Douve du foie
Fasciola hepatica, trématode responsable de la fasciolose,
est un parasite du foie
et des canaux biliaires
occasionnellement rencontré
chez le cheval.
Très fréquente et très
pathogène chez les
ruminants, qui représentent
une des sources
principales de contamination
des équidés,
la fasciolose se traduit
par des troubles
cliniques relativement
discrets chez le cheval.
Etiologie: La fasciolose est une maladie parasitaire
affectant plus particulièrement
les ruminants
et caractérisée par le
développement dans
les canaux biliaires et
le tissu hépatique,
de Trématodes de l'espèce
Fasciola hepatica.
Espèces: Les ovins, et dans une moindre mesure les
bovins sont les espèces
les plus souvent
atteintes. Cependant, la
fasciolose peut
se développer chez d'autres
espèces animales
comme les porcins, les
équins, les léporidés,
les ruminants sauvages
et le ragondin. Elle
peut, beaucoup plus rarement
affecter les
humains.
Epidémiologie:
- Répartition géographique:
Parasite cosmopolite rencontré
très fréquemment
dans toutes les zones tempérées
d'Europe,
d'Amérique du Nord et du
Sud, et d'Afrique.
La fasciolose est plus
répandue dans les
régions humides. Dans les
climats tropicaux,
d'autres espèces sont observées
comme Fasciola
gigantica, Fasciola huski.
- Importance:
Chez les ruminants, la
fasciolose revêt une
grande importance sur le
plan économique
car elle provoque des retards
de croissance,
des baisses de la production
lactée, des
saisies à l'abattoir et
parfois des mortalités.
Chez le cheval son incidence
est difficile
à apprécier en l'absence
d'études épidémiologiques
précises, de la difficulté
de son diagnostic
ainsi que par une symptomatologie
peu évocatrice.
- Epidémiologie analytique:
La fasciolose peut toucher
tous les équidés
quel que soit leur âge.
Les ânes seraient
plus réceptifs à la fasciolose
mais présenteraient
des signes cliniques plus
discrets que ceux
observés chez les chevaux.
- Epidémiologie descriptive:
Les sources indirectes
de parasites sont
représentées les animaux
parasités et plus
particulièrement par les
bovins et les ovins,
ainsi que par l'existence
de conditions climatiques
et géomorphologiques favorables
au développement
des limnées. Les chevaux
élevés sur des pâturages
où des cas de fasciolose
bovine ou ovine
ont été observés ont beaucoup
plus de chances
de contracter cette parasitose.
De même l'existence
de zones humides ou la
présence d'un sol
calcaire sont des facteurs
favorables au
développement des limnées.
Il existe donc des zones
ou des régions où
les conditions de survie
de ce parasite sont
assurées et qui représentent
un risque plus
important pour la contamination
des équidés.
Signes cliniques: Des signes cliniques très variés peuvent
être observés dans la mesure
où les équidés
ne représentent pas l'hôte
habituel de la
douve, et le fait que des
localisations erratiques
sont possibles. La sévérité
des symptômes
est également fonction
du nombre d'adultes
présents au niveau des
canaux biliaires.
Chez le cheval la fasciolose
se traduit par
un mauvais état général
évoluant de façon
sub-chronique, une baisse
de forme, un poil
piqué, des alternances
de diarrhée et de
constipation, des coliques
légères. Dans
les cas les plus sévères
on peut observer
de l'anémie, un subictère,
un amaigrissement
et un état de grande fatigue.
- Lésions:
On peut noter une hypertrophie
de la paroi
des canaux biliaires avec
présence des douves
à l'intérieur. Le foie
peut-être hypertrophié
ou au contraire atrophié.
Il présente des
lésions de cirrhose avec
fibrose du parenchyme
hépatique provoquée par
la migration de jeunes
douves.
Pathogénie:
Les adultes de Fasciola hepatica vivent principalement
dans les canaux biliaires
et sont hermaphrodites
(présence de testicules
et d'un ovaire chez
le même individu). Ils
mesurent 2 à 3 cm
de long sur 8 à 13 mm de
large. Leur corps
est aplati, foliacé (d'où
le nom de Fasciola),
de couleur brun pâle, de
forme ovale avec
une extrémité antérieure
plus effilée: le
cône céphalique et un élargissement
scapulaire.
Une ventouse buccale et
une ventouse ventrale
leur permettent de se fixer.
Ils sont hématophages
et se nourrissent du sang
des capillaires
de la paroi des canaux
biliaires. Une douve
adulte peut absorber 0,2
ml de sang par jour.
Les adultes peuvent survivre
plusieurs mois
dans les canaux biliaires.
La fécondation
se fait par accouplement
ventro-ventral entre
deux individus ou par autofécondation.
Les œufs (140 x 80 µm)
sont ovoïdes, operculés,
de couleur jaunâtre avec
un contenu granuleux
et homogène. Leur élimination
dans le milieu
extérieur se fait de façon
irrégulière en
fonction du rythme des
vidanges biliaires
(de 3 à 4.000 oeufs peuvent
être éliminés
quotidiennement par un
adulte). Le plus souvent
l'œuf subit un premier
développement embryonnaire
avant d'être éliminé. Les
œufs de Fasciola
hepatica résistent peu
de temps à la dessication
ou au gel, mais peuvent
survivre jusqu'à
1 ou 2 ans dans un environnement
froid et
humide.
Dans le milieu extérieur,
un embryon cilié,
le miracidium, se développe
dans l'œuf et
en sort au bout d'un laps
de temps très variable
(3 à 6 semaines). Ce miracidium,
de forme
triangulaire ( mesurant
130 µm de long),
nage à la recherche d'un
hôte intermédiaire,
qui est toujours un mollusque
gastéropode
amphibie et essentiellement
la limnée tronquée
ou Lymnaea truncatula.
Il pénètre alors dans
la cavité respiratoire
du mollusque et se
transforme en une masse
irrégulière appelée
sporocyste (300 µm de diamètre).
Le sporocyste
donne naissance à des organismes
munis d'un
tube digestif appelés rédies.
Les rédies envahissent
l'hépatopancréas du
mollusque, s'y développent
pour atteindre
une taille de 1,3 à 1,6
mm de long, et, suivant
les conditions climatiques,
donnent d'autres
rédies (ou rédies filles).
Chaque rédie donne naissance
à une vingtaine
d'organismes particuliers:
les cercaires.
Ce sont des organismes
dotés d'un tube digestif,
de deux ventouses et d'une
queue. Les cercaires
(on peut en dénombrer jusqu'à
4.000 dans
une même limnée) sont éliminées
par la limnée
lorsque le milieu extérieur
est particulièrement
humide. Très rapidement
les cercaires perdent
leur queue, s'enkystent
sur un végétal immergé
et se transforment en métacercaires
(200
µm). Sur les végétaux immergés
ou sur prairie
humide leur survie peut
durer plusieurs mois
(jusqu'à 1 an), par contre
elles sont rapidement
détruites par un climat
chaud et sec.
L'infestation des animaux
se fait par ingestion
de végétaux porteurs de
métacercaires ou
d'eau contenant ces mêmes
métacercaires.
Les kystes ainsi ingérés
sont dissous dans
l'intestin et libèrent
des douves immatures
qui migrent de l'intestin
vers le parenchyme
hépatique (en moins d'une
semaine) en passant
par la cavité péritonéale.
Les jeunes douves
histophages migrent au
travers du parenchyme
hépatique en augmentant
de taille et gagnent
les canaux biliaires en
7 à 8 semaines. En
quelques semaines ces jeunes
douves deviennent
adultes et acquièrent leur
maturité sexuelle.
Le cycle complet de développement
est de
l'ordre de 6 mois (3 mois
de cycle exogène
de l'œuf aux métacercaires
et 3 mois de cycle
endogène de l'ingestion
des métacercaires
à la présence de douves
adultes dans les
canaux biliaires).
Diagnostic: Le diagnostic clinique est pratiquement
impossible car les symptômes
observés ne
sont pas pathognomoniques.
La recherche des
œufs par examen coproscopique
donne souvent
des résultats faussement
négatifs dans la
mesure où l'excrétion des
œufs est très irrégulière
et survient plus de 4 mois
après le début
de l'infestation par les
adultes.
Le diagnostic se fera de
préférence par la
recherche d'anticorps en
utilisant diverses
méthodes: hémagglutination
(vis-à-vis de
l'antigène f2 de F. hepatica),
ELISA (avec
des antigènes extraits
de F. hepatica) et
immunofluorescence.
Il est également possible
de mettre en évidence
les antigènes présents
dans les fèces.
Méthodes de lutte:
- Traitement anthelminthique:
Il n'existe pas de fasciolicides
autorisés
chez le cheval. Certaines
des molécules utilisables
chez les bovins sont parfois
conseillées,
mais sont utilisées sous
la seule responsabilité
du vétérinaire. Le closantel
(à la dose de
10 mg/kg) et le triclabendazole
(12 mg/kg)
sont administrés par voie
orale. Le nitroxinil
( à la dose de 10 mg/kg)
est à injecter par
voie sous-cutanée après
dilution au 1/4 dans
de l'eau pour préparation
injectable.
- Prophylaxie:
Il n'existe pas de moyens
préventifs mais
on peut éviter de faire
pâturer les chevaux
sur des prairies où des
ruminants ont été
ou sont infestés.
- Interventions dans le
milieu:
Le drainage ou l'assèchement
des mares réduit
l'humidité du sol et les
possibilités de
survie des limnées. L'utilisation
de mollusquicides
(sulfate de cuivre, pentachlorophénate
de
sodium, etc.) ne permet
pas un assainissement
durable des pâturages et
ces substances peuvent
se montrer toxiques pour
les chevaux.
Références:
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D; Barnouin J;
Plateau E, Experimental
equine fascioliasis:
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1989;20(3):295-307
Levieux D; Levieux A; Mage
C; Venien A, Early
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test. Vet Parasitol,1992
44(1-2):77-86
Bussiéras J., Chermette
R., Parasitologie
Vétérinaire: Helminthologie,
ENVA, 1995.
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