DICTYOCAULOSE EQUINE à Dictyocaulus
arnfieldi
La dictyocaulose ou strongylose
bronchique des équidés est une affection parasitaire de l'appareil
respiratoire peu fréquente mais parfois sévère. Elle
survient lors de la cohabitation des chevaux avec des ânes
qui représentent le principal réservoir de cette affection.
Etiologie
Un seul parasite de la
famille des Métastrongylidés et du genre Dictyocaulus,
Dictyocaulus arnfieldi, est responsable de cette affection
chez les équidés. Chez les ruminants, il existe une parasitose
similaire ou bronchite vermineuse due à des parasites spécifiques,
Dictyocaulus viviparus (chez les bovins) et Dictyocaulus
filaria (chez les petits ruminants).
D. arnfieldi est un parasite des bronches et bronchioles
des équidés, pouvant provoquer, lors d'infestation massive,
des troubles respiratoires intenses dus à une broncho-pneumonie.
Il existe un net dimorphisme sexuel chez les adultes. Les
mâles mesurent de 3 à 8 cm de long et les femelles de 5 à
10 cm.
D. arnfieldi est un parasite spécifique des équidés
et il n'existe pas de transmission inter-spécifique.
La dictyocolause équine touche tous les équidés : chevaux,
poneys, ânes, mulets, etc...
Epidémiologie:
C'est un parasite cosmopolite
rencontré sur tous les continents, mais principalement dans
les régions où règne un climat particulièrement humide.
Ce parasite est essentiellement observé chez l'âne qui doit
être considéré comme un porteur asymptomatique. Bien que rarement
infestés, le cheval et surtout le poulain sont particulièrement
sensibles à cette parasitose respiratoire. Sa prévalence exacte
est difficile à estimer. On observe cette affection lorsque
des chevaux et des ânes sont en contact étroit ou dans des
élevages où les conditions hygiéniques sont médiocres.
La dictyocaulose peut affecter tous les équidés quel que soit
leur âge. Les jeunes poulains sont beaucoup plus sensibles
à cette affection que les adultes. La période prépatente fait
que les poulains ne seront cliniquement affectés qu'au-delà
de 2 mois d'âge. Les ânes sont beaucoup plus résistants mais
jouent un rôle majeur dans la pérennité de cette parasitose.
Les sources de parasites sont représentés par les chevaux
infestés, par les ânes porteurs asymptomatiques, et par les
larves qui sont disséminés dans les pâturages.
Signes cliniques
La dictyocaulose se traduit
par des épisodes répétés de toux, de dyspnée et de jetage.
Lors d'infestation massive par D. arnfieldi, des signes
cliniques plus sévères sont alors observés : broncho-pneumonie
chronique, œdème du poumon, pneumonie liée à la présence de
larves et d'œufs "tombés" dans les alvéoles pulmonaires,
provoquant une inflammation alvéolaire et à des infections
bactériennes secondaires, accès de suffocation, etc. De plus
l'état général peut se trouver considérablement altéré : baisse
de l'appétit, amaigrissement rapide pouvant aller jusqu'à
la cachexie. Sans traitement approprié la mort peut survenir
en quelques semaines.
Lors de parasitisme important, les parasites sont accumulés
au milieu des mucosités spumeuses et hémorrhagiques dans les
bronches et bronchioles. Les ramifications bronchiques sont
dilatées et la muqueuse bronchique présente de fortes lésions
inflammatoires. Des lésions de pneumonie et d'atélectasie
sont aussi observées.
Pathogénie
Les adultes de D. arnfieldi
vivent dans la lumière des bronches entraînant des réactions
inflammatoires des muqueuses bronchiques et pouvant obstruer
certaines parties de l'appareil respiratoire. Après fécondation,
les femelles pondent des œufs embryonnés (ellipsoïdes,
à coque mince, de 120 x 60µ) qui donnent naissance à des larves
dans la lumière bronchique. Ces jeunes larves sont évacuées
au dehors par la toux, le jetage ou l'éternuement ou bien,
si elles sont avalées, avec les excréments.
Ces larves de premier stade L1 vivent dans l'eau ou
la terre humide, muent au bout de 48 heures en L2,
mais demeurent dans leur première enveloppe cuticulaire. Dix
à douze jours plus tard, les larves effectuent une troisième
mue pour arriver au stade L3, mais demeurent toujours enfermées
dans un double étui, provenant de la première et de la seconde
mue. Ces larves L3 engainées dans leur enveloppe cuticulaire
représentent le stade infestant.
Dans certains cas, ces larves peuvent être ingérées par des
vers de terre, traverser leur tube digestif sans subir de
modifications et être rejetées avec les excréments de ces
vers, qui peuvent ainsi disséminer le parasite dans les pâtures.
Un champignon, se nourrissant sur les fèces, le Pilobolus,
peut intervenir dans la dissémination des larves L3 sur les
pâtures, à plusieurs mètres des excréments, lors de l'explosion
de ses sporanges.
Ingérées par un cheval ou un âne, et après avoir traversé
la paroi intestinale, ces larves gagnent le poumon par la
voie lymphatique ou sanguine. Dans le poumon les larves subissent
deux autres mues avant de se transformer en adultes.
La production d'œufs débute 4 semaines après l'ingestion des
larves L3 infestantes. La période prépatente est de l'ordre
de 6 à 8 semaines.
Diagnostic
Dans les phases aiguës,
le diagnostic est orienté par l'examen clinique. La recherche
des œufs embryonnés dans des excréments frais ou des larves
dans des excréments plus anciens ou bien dans le mucus bronchique
permettent de confirmer le diagnostic.
Méthodes de Lutte
Les antiparasitaires de la famille
des benzimidazoles sont actifs sur les adultes, mais doivent
être administrés à forte dose ou pendant 5 jours consécutifs.
L'ivermectine par voie orale (0.2mg/kg) en une seule
administration, est très efficace vis-à-vis des adultes
et larves L4 de D. arnfieldi.
Chevaux et ânes ne doivent pas
cohabiter dans les mêmes pâturages. Le fauchage, broyage
ou hersage des surfaces par temps chaud et sec favorisent
la destruction des larves en les exposant aux rayons solaires.
Enfin, le ramassage hebdomadaire des crottins sur les parcelles
est une méthode contraignante, rarement réalisée mais qui
donne des résultats remarquables. Elle est très facilement
applicable pour les paddocks herbeux, qui constituent une
zone à fort risque : peu d'herbe, forte concentration de
chevaux, sur-contamination.
Références
Kaufmann J.
Parasitic infections of Domestic Animals: a diagnostic
manual
1996, Birkhäuser Verlag, Berlin.
Bowman DD.
Georgis' parasitology for veterinarians, 7th edition
1999, W.B. Saunders Company, Philadelphia.
|