| ASCARIDOSE DU CHEVAL A
Parascaris equorum
L'ascaridose du cheval est une
affection parasitaire très répandue et principalement observée
chez les jeunes équidés de moins de 2 ans d'âge.
Cliniquement l'ascaridose du cheval se traduit par des troubles
respiratoires, de la léthargie, un retard de croissance et
des troubles digestifs d'intensité variable.
Un seul parasite, Parascaris equorum, est responsable
de cette affection. Il s'agit d'un nématode de la famille
des Ascaridés et du genre Parascaris. C'est de loin le vers
le plus volumineux observé chez les équidés. Le mâle mesure
en effet 15 à 27 cm de long et la femelle de 18 à 37 cm.
Il affecte tous les équidés : chevaux, poneys, ânes, mulets,
zèbres et plus particulièrement les jeunes sujets de moins
de 2 ans.
C'est un parasite cosmopolite rencontré très fréquemment en
Europe, Amériques du Nord et du Sud. Dans les pays d'Europe
et des Amériques, la prévalence est très élevée surtout chez
les jeunes équidés. Alors que chez les adultes, la prévalence
se situe entre 10 et 20% des individus, chez les jeunes cette
prévalence est comprise entre 40 et 50%.
Etiologie
Les adultes vivent non fixés
contre la paroi intestinale. Chez les jeunes équidés ils
peuvent être présents en quantité très importante formant
souvent des pelotes et provoquant parfois des obstructions
intestinales. Après fécondation, les femelles éliminent
une très grande quantité d'œufs (jusqu'à 200.000 par jour).
On a ainsi estimé qu'un poulain parasité pouvait éliminer
jusqu'à 50 millions d'œufs de Parascaris par jour. Ces œufs
(90 à 100 µm de diamètre) sont protégés par une coque épaisse
qui leur permet de résister de façon durable (jusqu'à 2
ans) dans le milieu extérieur à la dessiccation et aux gelées.
Lorsque les conditions de température (25 à 35°C) et d'hygrométrie
(> 80 %) sont favorables, en l'espace de 2 semaines, ces
œufs vont évoluer pour donner naissance à des larves infestantes
L2 qui restent protégées à l'intérieur de la coque (œufs
larvés).
La contamination se fait par absorption d'herbe contaminée
par ces œufs contenant les larves L2. Après ingestion,
ces larves infestantes L2 émergent des œufs et traversent
la paroi intestinale, se transforment en larves L3 et effectuent
une première migration vers le foie en empruntant la veine
porte. Elles séjournent en moyenne une semaine dans le parenchyme
hépatique et gagnent les veines hépatiques puis la veine
cave d'où elles vont cheminer, toujours par voie sanguine,
vers les alvéoles pulmonaires. A ce niveau elles se transforment
en larves L4 et se retrouvent dans le mucus trachéo-bronchique.
Lors des expectorations elles remontent jusqu'au pharynx
et sont dégluties dans l'œsophage pour se retrouver dans
l'estomac puis l'intestin où elles achèvent leur maturation
et se transforment en adultes.
Le cycle complet de développement (de l'ingestion de larves
infestantes à l'apparition d'œufs dans les fèces) dure de
10 à 16 semaines. Il n'est pas rare d'observer une élimination
massive d'œufs de Parascaris equorum chez des poulains
âgés de 10 à 12 semaines.
Epidémiologie
Epidémiologie analytique
L'ascaridose peut toucher tous
les équidés quel que soit leur âge. Cette parasitose est
cependant beaucoup plus fréquente et de façon beaucoup
plus massive chez les jeunes animaux. Il existe en effet
une réponse immunitaire vis-à-vis des larves de Parascaris
equorum qui n'est pas assez développée chez les poulains
et les jeunes sujets de moins de 1 an, alors que cette
immunité est beaucoup plus importante chez les adultes.
Epidémiologie descriptive
Les sources de parasites sont
représentées par les chevaux adultes qui hébergent, du
fait de leur immunité, une faible quantité d'adultes et
qui donc éliminent de façon quasi permanente des œufs
qui vont contaminer très largement leur environnement
(box, paddocks, pâturages).
Les poulains, non immunisés, se contaminent dès leur naissance
ou dès la mise à l'herbe et vont à leur tour contaminer
de façon massive leur environnement. Il n'existe pas d'infestation
in utero ou par le lait comme cela est décrit pour les
Toxocara parasites des carnivores.
Symptômes
Des signes cliniques très
variés peuvent être observés plus particulièrement chez
les poulains.
Des troubles respiratoires comme de la toux et du
jetage nasal signent le passage des larves au niveau
pulmonaire. Le contenu interne des ascarides est fortement
allergénique. Les signes respiratoires sont en partie liés
à des phénomènes d'hypersensibilité localisés au tissu pulmonaire.
Des complications de broncho-pneumonie peuvent également
survenir.
La présence des adultes au niveau intestinal va se manifester
par un certain retard de croissance, un pelage terne et
piqué, des épisodes diarrhéiques, des coliques d'intensité
variable, de l'apathie, de l'anorexie, des troubles tendineux
et osseux, et un mauvais état général.
Les ascaris, qui sont chymivores, consomment une grande
quantité de calcium, phosphore, oligo-éléments (zinc, cuivre),
vitamines et glucose. Ce pouvoir spoliateur explique
les retards de croissance, les troubles cutanés, mais aussi
la fragilisation ostéo-tendineuse.
Lors d'infestation
massive, la présence des adultes dans la lumière intestinale
peut être à l'origine d'occlusion partielle ou totale de
l'intestin, de rupture de l'intestin au niveau de son attache
mésentérique et de péritonite. Des cas d'invagination intestinale
et d'arrêt complet du péristaltisme sont également décrits.
Lésions
La migration des larves à
travers le parenchyme hépatique provoque la
formation d'hémorrhagies et de lésions
fibreuses.
Des lésions similaires existent aussi au niveau pulmonaire.
Bien que ces lésions hépatiques et pulmonaires
guérissent assez rapidement, elles constituent cependant
un handicap pour les capacités fonctionnelles du
poulain pendant une période cruciale pour son développement.
Les lésions intestinales varient en fonction
du degré d'infestation par les adultes. Elles vont
de lésions d'inflammation de la muqueuse digestive
jusqu'à l'occlusion et la perforation intestinale
("ascaridose chirurgicale").
Diagnostic
Il n'existe pas de diagnostic
clinique spécifique. La présence des adultes
de P. equorum peut être visualisée par
endoscopie digestive. Un examen coproscopique
permet de mettre en évidence les ufs caractéristiques
de ce parasite digestif.
Il est conseillé d'effectuer
ces examens coproscopiques de façon régulière
(2 à 3 fois par an) pour évaluer la situation
parasitaire.
Traitement
De très nombreuses molécules
antiparasitaires sont actives vis-à-vis des ascaris
du cheval et il n'existe pas de résistance connue.
Les premiers antiparasitaires utilisés, comme la
Pipérazine et le Thiabendazole, ne sont pas actifs
contre les larves mais uniquement vis-à-vis des adultes.
Ils ne permettent pas de réaliser une prévention
efficace de cette affection chez le poulain.
Les benzimidazoles, les tetrahydro-pyrimidines et les avermectines
sont efficaces vis-à-vis des larves et des formes
larvaires de P. equorum.
Il y a quelques risques à utiliser des antiparasitaires
actifs rapidement sur les adultes (comme la pipérazine)
pour traiter des poulains fortement parasités dans
la mesure où une lyse trop rapide des vers entraîne
la libération massive du contenu coelomique des parasites,
produisant un choc allergique.
Prévention médicale
Chez les jeunes chevaux,
et plus particulièrement chez les poulains, les traitements
devront débuter dès l'âge de 10/12 semaines
et seront répétés tous les 2 mois jusqu'à
l'âge de 1 an.
Pour les adultes, le schéma de vermifugation
comporte des interventions au printemps, en été,
à l'automne et en hiver en utilisant des anthelminthiques
à large spectre permettant ainsi une prévention
des strongles, gastérophiles, ascaris et ténias.
Prophylaxie sanitaire
La grande résistance des
ufs de P. equorum dans le milieu extérieur
ne permet pas d'envisager une stérilisation chimique
des pâturages, d'autant que les ufs semblent
résister à la plupart des désinfectants
chimiques connus.
Une attention toute particulière doit être
apportée aux juments gestantes et suitées
qui constituent la source première de contamination
des poulains. Une vermifugation de la jument quelque temps
avant ou juste après la mise bas suivie d'un nettoyage
minutieux du box évitera une contamination trop précoce
du poulain.
La récolte quotidienne et l'élimination
des crottins du box et des paddocks constituent une excellente
méthode de prévention de l'ascaridiose équine.
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