| PHTIRIOSES DU CHEVAL
Plusieurs espèces de poux sont
susceptibles de parasiter la peau et le pelage des équidés.
Bien que peu pathogènes, les phtirioses perturbent les animaux
et sont des causes possibles de retards de croissance.
Etiologie
Les insectes responsables des Phtirioses
du cheval appartiennent à l'ordre des Phtiraptera et à deux
sous-ordres différents : les Anoploures, dont les pièces
buccales sont disposées pour piquer, et les Mallophages,
dont les pièces buccales sont disposées pour mordre et broyer.
Seules deux espèces de poux sont parasites du cheval : Haematopinus
asini du sous-ordre des Anoploures et Bovicola equi
(ou anciennement Werneckiella ou Damalinia equi)
du sous-ordre des Mallophages.
H. asini est un pou hématophage de couleur gris jaunâtre
portant 3 paires de pattes, avec une tête étroite et allongée,
un thorax court et un abdomen ovale portant des séries de
poils courts sur chaque segment. Le mâle mesure de 2 à 3 mm
de long et la femelle de 3 à 4 mm.
B. equi est un insecte non-hématophage de plus petite dimension
(1 à 2 mm de long). La tête est arrondie de couleur jaunâtre,
le thorax court et plus étroit que la tête, et l'abdomen cylindrique
de couleur jaunâtre avec des bandes transversales brunes.
Ces deux espèces sont spécifiques des équidés.
Espèces
Tous les équidés
: chevaux, poneys, ânes, mulets, etc.
Epidémiologie
Parasites cosmopolites rencontrés sur tous les continents.
Du fait d'un cycle évolutif extrêmement rapide, on peut observer
des infestations massives qui seront à l'origine de troubles
cliniques plus ou moins importants.
La phtiriose peut affecter les équidés de tout âge, mais elle
est plus fréquente chez les poulains. C'est une affection
essentiellement hivernale lorsque les chevaux sont maintenus
à l'écurie en contact étroit et qu'ils ont leur pelage d'hiver.
La phtiriose prend rapidement une allure contagieuse dans
les collectivités (centres équestres, haras, etc...) notamment
après l'introduction d'un nouvel animal déjà infesté.
Les sources de parasites sont représentées par les chevaux
déjà infestés. Une contamination indirecte peut survenir par
les instruments de pansage ou les couvertures dans lesquels
peuvent se trouver des lentes. La résistance des adultes dans
le milieu extérieur ne dépasse guère 3 à 4 jours. Les adultes
et les œufs sont très sensibles à la chaleur (morts en 15
minutes à 60°C), et également au froid, d'où une faible durée
de survie en dehors de l'hôte.
Signes cliniques
Lors d'infestation massive, la
prolifération des poux entraîne du prurit, un important squamosis
et des dépilations, souvent limitées et diffuses. Une baisse
de l'état général et de l'anémie peuvent être rarement observées.
Le poil est piqué, l'épiderme est érythémateux avec présence
de papules. Le grattage intense provoqué par le prurit entraîne
des lésions cutanées plus importantes pouvant se sur-infecter.
Pathogénie
Le cycle de développement de ces
2 espèces est relativement similaire et a lieu en totalité
sur l'hôte (parasites permanents). Après fécondation, la femelle
pond une cinquantaine d'œufs blanchâtres ovoïdes, ponctués
et operculés. Ces œufs sont fortement fixés aux poils (ce
sont les lentes) et ils éclosent au bout de 12/14 jours pour
H. asini et au bout de 8/10 jours pour B. equi,
donnant naissance à des larves qui font très rapidement trois
mues successives et deviennent adultes en quelques jours.
Le cycle complet de développement est de l'ordre de 3 à 4
semaines.
H. asini est localisé de préférence aux régions couvertes
de longs poils ou de crins: encolure, crinière, queue, boulets,
paturons. D. equi est plutôt présent dans les régions
où le poil est plus court: tête, poitrail, dos. Lors de parasitisme
massifs ces 2 espèces sont susceptibles de parasiter la totalité
du pelage de l'hôte.
Les pièces buccales de H. asini lui permettent de se
nourrir de sang après piqûre au travers de l'épiderme. B.
equi se nourrit de débris et de squames de l'épiderme
ou de poils. Les infestations mixtes, par ces deux espèces
de poux, ne sont pas rares.
Diagnostic
La localisation des lésions et
le prurit intense nécessitent d'effectuer un diagnostic différentiel
des autres dermatoses prurigineuses comme les gales. Les adultes
sont peu souvent visibles du fait de leur petite taille. Les
lentes fixées sur la base des poils et une coloration jaunâtre
doivent être recherchées. Leur aspect ponctué permet de les
différencier des œufs de gastérophiles qui sont fixés près
du sommet des poils et qui ont une coque striée.
Méthodes de lutte
La plupart des insecticides (les pyréthrinoïdes, les carbamates,
les organophosphorés) sont actifs sur les poux. Ils sont utilisés
en traitements externes, sous forme de lotion, qui seront
répétés à 10/12 jours d'intervalle.
Il est recommandé d'isoler et de traiter les animaux infestés.
Un pansage régulier des chevaux, en particulier en période
hivernale, permet de limiter les risques d'infestation; il
y a lieu cependant de bien nettoyer le matériel de pansage
après chaque utilisation, voire de l'imprégner d'insecticides
pour détruire les pox ou lentes qui y resteraient.
Références
Bussiéras J., Chermette R.
Parasitologie Vétérinaire, 1991, Service de Parasitologie-
Ecole Vétérinaire d'Alfort.
Kettle D.S.
Medical and veterinary entomology, 2nd edition, 1995, CAB
International.
|