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OXYUROSE à Oxyuris equi

L'oxyurose du cheval est une affection parasitaire relativement bénigne qui touche essentiellement les animaux adultes, maintenus à l'écurie.

Etiologie

Il existe chez les équidés deux parasites de la famille des oxyuridés : Oxyuris equi et Probstmayria vivipara.
O. equi est un parasite du gros intestin et du rectum des équidés provoquant une irritation localisée à la périphérie de l'anus. C'est un nématode appartenant à la famille des Oxyuridés et au genre Oxyuris. Il existe un très net dimorphisme sexuel chez les adultes. Les mâles mesurent de 9 à 12 mm de long et ont une extrémité caudale obtuse avec un spicule grêle et étroit. Les femelles font de 40 à 150 mm de long avec une extrémité caudale rétrécie pour former une queue de longueur variable.
P. vivipara qui appartient au genre Probstmayria, est de taille beaucoup plus petite (2 à 3 mm de long). Il ne semble pas posséder de réel pouvoir pathogène.
Ces oxyures sont spécifiques des équidés et il n'existe aucune transmission inter-spécifique. L'oxyurose humaine est due à Enterobius vermicularis, spécifique pour l'homme.

Espèces

Tous les équidés: chevaux, poneys, ânes, mulets, etc.

Epidémiologie

Parasite cosmopolite rencontré sur tous les continents.

Longtemps considéré comme un parasite commensal des équidés, O. equi peut cependant provoquer des lésions cutanées peri-anales susceptibles de s'infecter. La prévalence de ce parasitisme est très variable suivant le mode d'élevage, elle est en effet plus marquée chez les chevaux maintenus à l'écurie que chez les chevaux au pâturage. O. equi peut être observé chez plus de 25% des équidés alors que la prévalence de P. vivipara est beaucoup plus faible (quelques pour cents).

L'oxyurose peut affecter tous les équidés quel que soit leur âge. La période prépatente fait que les poulains ne seront cliniquement affectés qu'au-delà de 5 mois d'âge. Cette parasitose se rencontre essentiellement chez les chevaux maintenus à l'écurie, car les œufs résistent mal dans le milieu extérieur comme les parcours herbeux.

Les sources de parasites sont représentées par les chevaux infestés et par les œufs qui sont disséminés dans leur environnement immédiat.

Biologie

Les adultes d'O. equi vivent fixés sur la muqueuse intestinale du caecum et du côlon. Après fécondation, les femelles migrent vers l'anus et pondent leurs œufs en masse (entre 8.000 et 60.000) en région péri-anale. Ces œufs ovoïdes, légèrement asymétriques avec une sorte d'opercule à l'un des pôles mesurent de 85 à 95µm sur 40 à 45µm. Ils sont enveloppés d'une substance adhésive. En 4 à 5 jours, ils évoluent pour donner naissance à une larve infestante de stade L3.
Cette masse de couleur ocrée renfermant les œufs se dessèche et s'effrite répandant des centaines d'œufs contenant les larves infestantes dans tout l'environnement immédiat de l'animal parasité. Ces œufs infestants vont adhérer aux mangeoires, abreuvoirs, murs, et sols de l'écurie.
La contamination se fait par ingestion de ces œufs par le cheval. Les œufs embryonnés donnent naissance à des larves de stade L4 qui se fixent sur la muqueuse intestinale et qui évoluent pour donner les formes adultes. La période prépatente est de l'ordre de 5 mois.
Probstmayria vivipara a un cycle biologique quelque peu différent. La ponte et les premiers stades du développement larvaire se font dans la lumière intestinale.

Signes Cliniques

En dehors de très rares cas d'infestation massive où l'on peut observer quelques troubles digestifs, les symptômes les plus fréquents sont liés à l'irritation provoquée par les masses d'œufs collés sur la peau en région péri-anale. Cette irritation locale est responsable d'un prurit intense. L'animal se frotte la queue contre les murs, les poteaux, les mangeoires, etc. Il s'en suit une dépilation plus ou moins importante de la queue avec souvent des lésions d'excoriation cutanée.
L'irritation en région péri-anale peut entraîner des lésions cutanées et des plaies peuvent se former souvent compliquées d'infections secondaires ou de myiases.

Lésions : lors de parasitisme massif, les larves et les adultes d'O. equi peuvent entraîner des lésions inflammatoires de la muqueuse du gros intestin. Les lésions cutanées sont assez caractéristiques : présence d'un enduit ocracé aux marges anales.


Diagnostic

La présence de ces amas d'œufs en région péri-anale, les lésions cutanées et les dépilations de la queue sont pathognomoniques de l'oxyurose. Un examen microscopique de ces amas permet l'identification des œufs caractéristiques d'O. equi. La coproscopie peut être négative. La technique de choix est celle du "scotch-test". Application d'une bande adhésive aux marges anales, puis coller celle-ci sur une lame de verre et l'examiner au microscope (grossissement x 100).

Traitement
:
La quasi-totalité des substances antiparasitaires actives contre les ascaris et les strongles est efficace sur les oxyures. On ne connaît pas de chimio-résistance à ces vers.
Les méthodes hygiéniques habituelles seront appliquées. Lors de nettoyage de la région péri-anale il ne faut pas utiliser d'éponge ou de serviette qui deviendront fortement contaminées et pourront servir de vecteurs lors d'utilisation sur d'autres animaux. On utilise de préférence du papier toilette ou tout matériel à usage unique.

Références

Kaufmann J.
Parasitic infections of Domestic Animals: a diagnostic manual
1996, Birkhäuser Verlag, Berlin

Bowman DD.
Georgis' parasitology for veterinarians, 7th edition
1999, W.B. Saunders Company, Philadelphia

 
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