| Habronémose du cheval
Chez les équidés, l'Habronémose est une maladie
parasitaire dont la transmission
est assurée
par des mouches et qui
est liée à la présence
de vers dans l'estomac
et surtout dans les
plaies cutanées.
Etiologie: L'Habronémose équine est due à plusieurs
espèces de nématodes, Habronema
muscae, Habronema
microstoma (ou H. majus)
et Habronema megastoma
(ou Draschia megastoma).
Ces vers adultes
vivent et se reproduisent
dans l'estomac.
Les œufs larvés, éclos
ou non, sont rejetées
avec les excréments. Les
larves qui en éclosent
sont absorbées par différentes
espèces de
mouches dans lesquelles
elles achèvent leur
développement. Ces larves
infestantes sont
ensuite déposées par les
mouches au niveau
des muqueuses des lèvres,
des nasaux, de
la conjonctive ou de plaies
cutanées. C'est
le développement de ces
larves qui va provoquer
l'apparition de lésions
et de symptômes particuliers.
Le genre Habronema appartient
à la sous-famille
des Spirurinés, à la famille
des Spiruridés
et à l'ordre des Nématodes.
Les mâles mesurent
de 8 à 22 mm de long et
les femelles de 13
à 35 mm selon les espèces.
Ce sont des parasites
spécifiques des équidés.
Espèces: Tous
les équidés:
chevaux, poneys, ânes,
mulets, etc.
Epidémiologie:
- Répartition géographique:
Parasite cosmopolite rencontré
sur tous les
continents.
- Importance:
Il s'agit d'un parasitisme
beaucoup moins
fréquent que la Gastérophilose.
La présence
d'habronèmes adultes au
niveau stomacal n'est
rencontrée que chez 4 à
5% des chevaux. Cependant
du fait de la transmission
par un insecte
vecteur, cette affection
parasitaire est
liée à l'abondance des
mouches et des conditions
hygiéniques de l'élevage.
Les lésions cutanées
parasitées par les larves
sont difficiles
à traiter et ont tendance
à s'aggraver ou
à se compliquer d'infections
septiques.
- Epidémiologie analytique:
L'habronémose peut atteindre
tous les équidés
quel que soit leur âge.
Cette parasitose
se rencontre l'été (de
juin à septembre)
période où les mouches
sont particulièrement
abondantes. On observe
une certaine prédisposition
à la ré-infestation sur
des chevaux ayant
déjà subis une première
atteinte d'habronémose.
- Epidémiologie descriptive:
Les sources de parasites
sont représentées
par les chevaux infestés
et par les mouches
contaminées.
Signes cliniques: La présence de nodules contenant des adultes
de D. megastoma au niveau
stomacal peut entraîner
un arrêt du transit digestif
et dans le cas
où ces nodules se rompent,
il s'en suit une
péritonite fatale. De telles
complications
sont cependant exceptionnelles.
Ce sont donc les larves
d'Habronema qui induisent
les signes cliniques principaux
d'habronémose
larvaire qui différent
en fonction de leur
localisation.
- Habronémose cutanée:
C'est la forme clinique
la plus fréquente
et elle constitue le syndrome
des "plaies
d'été" du cheval (ou
"summer sores"
en anglais ou bien "esponja"
en
espagnol). Les mouches
contaminées sont attirées
par les zones humides du
cheval et vont déposer
les larves d'Habronema
sur des excoriations
ou des plaies cutanées.
La présence de ces
larves entraîne dans un
premier temps un
prurit intense, puis la
formation d'un tissu
granulomateux réactionnel.
Des granulations
de la taille d'un grain
de mil ou d'un pois
sont alors observées au
milieu de bourgeons
charnus de plaies cutanées
très tenaces et
qui ont tendance à s'étendre.
Ces plaies
se sur-infectent. Ces lésions
ont tendance
à s'atténuer en période
hivernale mais réapparaissent
ensuite à la belle saison
quand les mouches
reprennent leur activité.
- Habronémose conjonctivale:
Elle est due au dépôt de
larves d'Habronema
par les mouches sur les
yeux et les paupières.
Les larves migrent dans
la conjonctive et
déterminent une conjonctivite
granuleuse,
analogue à la dermite précédemment
décrite.
Il peut se former des nodules
ulcérés contenant
un magma caseo-calcaire.
Cette lésion peut
s'aggraver en provoquant
une abrasion de
la cornée et une kératite
inflammatoire.
- Habronémose pulmonaire
(rare):
Les larves d'Habronema
déposées au niveau
des nasaux peuvent gagner
les voies respiratoires
supérieures puis le poumon,
où elles produisent
des nodules péri-bronchiques
de la grosseur
d'un pois ou d'une noisette
renfermant un
bouchon fibrineux au milieu
duquel est logée
une larve de 2 mm.
- Lésions:
Au niveau gastrique, présence
de nodules
volumineux de consistance
ferme et creusés
de petites cavités communiquant
entre elles
et contenant une substance
purulente grisâtre
et des vers adultes de
D. megastoma en quantité
plus ou moins importantes.
Les lésions cutanées et
oculaires sont assez
typiques: granulomes, cicatrisation
difficile,
tendance à l'aggravation.
Pathogénie:
Les adultes d'Habronema vivent au niveau
stomacal dans le cul-de-sac
droit. Leur présence
n'entraîne pas de troubles
particuliers à
l'exception de Draschia
megastoma dont les
adultes provoquent une
forte irritation du
tissu conjonctif sous-muqueux
induisant la
formation de nodules pouvant
atteindre la
taille d'un œuf de poule.
Après fécondation, les
femelles pondent des
œufs embryonnés (50 x 15
µm) ou directement
des larves (H. microstoma).
Les larves L1
sont rejetées avec les
excréments et sont
absorbées par les asticots
de différentes
espèces de mouches (Musca
spp ou Stomoxys
spp) qui se développent
dans les excréments
au sol.
Les larves d'Habronema
continuent leur développement
à l'intérieur des tissus
de l'asticot. Elles
atteignent le stade de
larves L3 infestantes
lorsque la mouche adulte
émerge de sa pupe.
Ces larves infestantes
migrent vers la tête
de la mouche et se retrouvent
au niveau du
labium et de la trompe
de l'insecte.
L'infection des chevaux
a donc lieu par contact
de l'extrémité de la trompe
d'une mouche
contaminée avec les muqueuses
des lèvres,
des nasaux, de l'œil ou
avec les plaies cutanées.
Les larves, lorsqu'elles
sont déposées au
niveau des lèvres vont
migrer vers le tube
digestif et perpétuer le
cycle en donnant
des vers adultes stomacaux.
Les larves présentes
au niveau oculaire et cutané
ne peuvent effectuer
de migration et vont induire
des lésions
caractéristiques, liées
à ces situations
erratiques. La période
prépatente est de
6 à 8 semaines.
Diagnostic: Les examens coproscopiques pour mettre en
évidence les œufs ou les
larves sont souvent
négatifs dans la mesure
où ces éléments sont
très fragiles. On peut
mettre en évidence
les larves à partir de
raclages des lésions
cutanées ou oculaires.
L'endoscopie gastrique
permet le diagnostic de
l'habronémose imaginale.
Méthode de lutte:
- Traitement anthelminthique:
Les benzimidazoles ont
une certaine activité
vis-à-vis des adultes d'Habronema.
Ils doivent
cependant être utilisés
à des posologies
très élevées pendant plusieurs
jours. L'ivermectine
et la milbémycine sont
très actives sur les
adultes d'Habronema, pour
éliminer Draschia
megastoma, seule l'ivermectine
paraît active
sur les adultes et les
larves.
Le traitement des stades
larvaires au niveau
des plaies fait appel à
des applications
locales de fenthion, de
trichlorfon, voire
d'anthelminthiques. Pour
certaines lésions,
en particulier oculaires,
l'exérèse chirurgicale
ou la cryochirurgie des
granulomes est souvent
nécessaire.
- Interventions dans le
milieu:
Toutes les mesures prophylactiques
tendant
à éliminer ou à limiter
la prolifération
des mouches sont à mettre
en œuvre: insecticides,
repellents, entretien des
fumiers, nettoyage
fréquent des litières,
ramassage des crottins
dans les paddocks et prairies,
etc.
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