| Les Gales du cheval
Les gales sont des dermatoses prurigineuses
très contagieuses dues
à la présence et à
la prolifération d'acariens
vivant à la surface
ou dans l'épaisseur de
l'épiderme. Fréquentes
et très redoutées dans
les effectifs équins
dans les années passées,
les gales des équidés
sont actuellement devenues
rares. Elles étaient
d'ailleurs autrefois, comme
les gales des
ruminants, des maladies
Réputées Contagieuses,
soumises à déclaration
obligatoire aux Services
Vétérinaires.
Etiologie: Les équidés sont réceptifs à plusieurs espèces
d'agents de la gale. Dans
l'ordre des Acariens,
ils appartiennent à la
famille des Sarcoptidés
ou des Psoroptidés, mais
à trois genres différents:
- Genre Sarcoptes: Sarcoptes
scabei equi
agent de la gale sarcoptique
du cheval qui
est la forme la plus sévère,
la plus généralisée
et la plus contagieuse
des gales des équidés,
mais heureusement la plus
rare et qui semble
ne plus exister en France.
Spécifique des
équidés, S. scabei equi
peut occasionnellement
et transitoirement infester
l'homme, en provoquant
un prurigo galeux, comme
toutes les sous-espèces
de S. scabei.
- Genre Psoroptes: Psoroptes
equi ou Psoroptes
ovis agents de la gale
psoroptique du cheval,
localisée aux crins.
- Genre Chorioptes: Chorioptes
bovis agent
de la gale chorioptique
du cheval, localisée
aux pâturons et aux boulets
et qui est la
plus fréquente à l'heure
actuelle.
Les acariens agents des
gales du cheval ne
sont pas spécifiques et
peuvent, occasionnellement,
parasiter d'autres animaux.
Ce sont des arthropodes
de petite taille (200 à
700µm) qui vivent
en creusant des galeries
dans l'épaisseur
de l'épiderme (Sarcoptes)
ou vivent à la
surface de l'épiderme (Psoroptes,
Chorioptes).
Chorioptes et Psoroptes
sont spécifiques
des herbivores et ne peuvent
infester l'homme.
Espèces:
Sarcoptes scabei equi: tous les équidés et plus rarement l'homme.
Psoroptes equi ou P. ovis: tous les équidés mais aussi les ruminants.
P. ovis est l'agent des
gales psoroptiques
ovines et bovines.
Chorioptes bovis: tous les équidés mais aussi les ruminants.
C'est en effet l'agent
des gales chorioptiques
ovines et bovines.
Epidémiologie:
- Répartition géographique:
Parasites cosmopolites
rencontrés sur tous
les continents.
- Importance:
A l'heure actuelle, les
gales des équidés
sont devenues des affections
très peu fréquentes
dans les pays occidentaux.
Il n'en fut pas
de même lorsque l'effectif
équin avait un
rôle fondamental tant au
niveau civil que
militaire. De véritables
épidémies étaient
fréquemment observées et
entraînaient des
pertes importantes. Sur
un plan médical,
les traitements actuels
sont beaucoup plus
efficaces que par le passé,
mais ces affections
sont souvent débilitantes
et longues à traiter.
Ne pas oublier que la gale
sarcoptique du
cheval peut atteindre l'homme.
- Epidémiologie analytique:
Les gales peuvent affecter
tous les équidés
quel que soit leur âge.
Les poulains élevés
en groupe en période hivernale
dans une atmosphère
chaude et humide se montrent
plus réceptifs
et sensibles. La baisse
de la qualité de
l'alimentation pendant
l'hiver augmenterait
la réceptivité. Les ruminants
domestiques
peuvent constituer une
source de parasites
pour les chevaux.
- Epidémiologie descriptive:
Les sources de parasites
sont représentées
par les animaux infestés
qui ont tendance
à se "frotter"
à leurs congénères
en raison du prurit. Il
peut exister une
contagion indirecte par
le biais du matériel
de pansage. Les Sarcoptes
ne survivent que
2 à 3 jours dans l'environnement,
contre
une dizaine pour les Psoroptes
et jusqu'à
3 semaines pour les Chorioptes.
Signes Cliniques :
1. Gale Sarcoptique
Après une incubation de
8 à 15 jours, on
observe la présence de
petites papules noirâtres
au niveau de la tête, de
l'encolure et du
garrot. Ces "boutons
,de gale"
sont très prurigineux et
à leur surface les
poils sont hérissés et
agglutinés, puis ils
tombent induisant des dépilations.
Ces lésions vont peu à
peu s'étendre progressivement
en quelques semaines sur
l'ensemble du corps
et s'accompagnent d'un
prurit intense. Les
nombreuses dépilations
donnent un aspect
misérable du sujet atteint.
En l'absence
de traitement des complications
d'hyperkératose
vont survenir. A ce stade
qui survient 4
à 5 mois après le début
de l'infestation,
le corps du cheval est
recouvert d'une carapace
cornée, craquelée et nauséabonde.
Le prurit
semble s'atténuer, mais
l'état général s'aggrave.
L'animal maigrit, mange
peu et peut succomber
dans une grande misère
physiologique en moins
d'un an. Durant la phase
terminale des complications
septiques sont très fréquentes.
2. Gale Psoroptique
Les lésions sont localisées
aux crins proprement
dits: crinière et queue.
Les poils sont cassants,
ébouriffés et hérissés.
On note également
un prurit important. Sur
la peau et à la
base des poils on aperçoit
de petites croûtes
jaunâtres et humides. Dans
certains cas on
peut observer une extension
de ces lésions
sur les faces latérales
de l'encolure et
sur les membres. Cet aspect
clinique s'intègre
dans le syndrome "Gale
des boues",
qui cependant est du plus
couramment à une
staphylococcie cutanée.
3. Gale Chorioptique
La gale Chorioptique est
localisée aux pâturons
et aux boulets, mais peut
gagner les canons
puis les jarrets et genoux.
Ces régions présentent
des zones de dépilation
irrégulières, un
squamosis abondant et sec.
Le prurit est
moins marqué que dans les
autres formes de
gale. Cependant le cheval
tape du pied, piétine,
frotte ses membres. Des
complications liées
à des infections secondaires
ou des formations
verruqueuses peuvent survenir
en l'absence
de traitement.
Pathogénie:
- Sarcoptes scabei equi:
le mâle mesure 220x170µm
et la femelle 400x300µm.
Le corps est ovalaire
de couleur gris-brun et
porte 4 paires de
pattes munies de ventouses.
Après fécondation
qui a lieu sur la peau,
le mâle meurt et
la femelle s'enfonce dans
des galeries épidermiques
qu'elle creuse à l'aide
de ses mandibules.
Elle pond des œufs ovoïdes
qui éclosent au
bout de 2 jours pour donner
des larves hexapodes
qui se déplacent à la surface
de la peau
et dans les follicules
pileux. 2 à 3 jours
plus tard, ces larves hexapodes
muent en
nymphes octopodes de 200
à 250µm de long
qui sont localisées au
niveau des follicules
pileux. Une à 2 semaines
plus tard, ces nymphes
acquièrent des organes
génitaux et se transforment
en mâles ou femelles pubères.
Et ainsi le
cycle recommence. Il dure
en moyenne 2 à
3 semaines. Dans les galeries
creusées dans
l'épaisseur de l'épiderme,
les femelles cheminent
toujours vers l'avant,
la disposition de
leurs épines dorsales les
empêchant de rétrograder.
On trouve dans le sillon,
de nombreux points
noirs qui sont les excréments,
et des œufs
à différents stades de
développement. Les
femelles de Sarcoptes peuvent
survivre jusqu'à
2 mois sur l'hôte et pondent
en moyenne une
trentaine d'œufs.
- Psoroptes equi: le mâle
mesure 600x350µm
et la femelle 700x420µm.
Le corps est ovalaire
avec un rostre conique
et allongé. Le cycle
de développement de Psoroptes
est voisin
de celui de Sarcoptes,
il y aurait 2 stades
nymphaux différents. Cependant
les femelles
de Psoroptes ne creusent
pas de galeries
mais vivent sur l'épiderme
se nourrissant
de sang et de lymphe grâce
à de fortes pièces
buccales leur permettant
de tailler et de
piquer la couche superficielle
de la peau.
Adultes, larves et nymphes
sont le plus souvent
localisés dans des lésions
croûteuses faites
de sang et de lymphe séchés,
de débris cutanés
et des excréments des parasites.
Le cycle
de développement complet
dure une dizaine
de jours. Les femelles
peuvent survivre sur
l'hôte pendant 10 à 40
jours et une femelle
ovigère pond de 30 à 40
œufs dans sa vie.
- Chorioptes bovis: le
mâle mesure 300x200µm
et la femelle 380x250µm.
Le corps est ovalaire
avec un rostre court et
globuleux. Les Chorioptes
ne creusent pas de galeries
et se nourrissent
exclusivement de débris
cutanés ou pileux
qu'ils trouvent à la surface
de la peau.
Le cycle de développement
de Chorioptes est
semblable à celui de Psoroptes
et sa durée
moyenne est de 3 semaines.
Les femelles peuvent
survivre sur l'hôte pendant
3 à 8 semaines.
Une femelle ovigère pond
de 3 à 17 œufs dans
sa vie.
Diagnostic: Il repose d'abord sur une suspicion épidémiologique:
contagiosité et caractère
hivernal de l'affection.
La localisation des lésions,
le prurit, la
présence de dépilation
sont autant d'éléments
du diagnostic qui sera
confirmé par la mise
en évidence des parasites
à partir de prélèvements
cutanés.
Méthodes de lutte:
- Traitement acaricide:
Il existe peu de spécialités
vétérinaires
autorisées chez le cheval
pour traiter les
gales (Dimpylate). L'ivermectine,
par voie
orale, aurait une bonne
efficacité vis-à-vis
des gales sarcoptiques
et psoroptiques. Cependant
les Chorioptes se montrent
peu sensibles
à l'action de cette molécule
par voie systémique.
- Interventions dans le
milieu:
La désinfection régulière
des locaux et du
matériel, sans oublier
les vans constitue
une bonne méthode préventive.
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