LYMPHANGITE EPIZOOTIQUE ou
PSEUDO-MORVE
La lymphangite épizootique est
une mycose infectieuse et contagieuse d'évolution chronique
de la peau et du système lymphatique des équidés. Elle se
caractérise par l'hypertrophie des vaisseaux lymphatiques
sous-cutanés et par des adénopathies souvent abcédées. Cette
maladie comporte plusieurs appellations : farcin
d'Afrique, lymphangite morveuse, pseudo-morve, blastomycose
équine, histoplasmose équine ou Cryptococcose équine.
Etiologie
L'agent responsable de la Lymphangite
épizootique est un champignon de la famille des Aleuriosporacées
et du genre Histoplasma. Il s'agit d'Histoplasma
farciminosum anciennement connu sous le nom de Cryptococcus
farciminosis, de Zymonema farciminosa, de Saccharomyces
farciminosus ou encore d'Histoplasma capsulatum var.
farcinimosum. Dans les lésions, H. farciminosum
se présente sous la forme d'éléments ovoïdes de 3 à 4 µ
sur 2 à 3. Certains d'entre-eux ont des formes de bourgeonnement.
Dans le milieu extérieur, où il peut survivre très longtemps,
il forme un mycélium.
Epidémiologie
La lymphangite épizootique
est une affection des pays chauds à climat tropical ou
subtropical : Afrique, Asie, Amériques. Elle est fréquemment
observée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle se caractérise
par la persistance des foyers contaminés ainsi que par une
très grande contagiosité. La contamination se fait par contact
direct entre chevaux ou par du matériel de pansage ou de la
litière contaminés. Les insectes peuvent servir de vecteurs
passifs. La pénétration de H. farciminosum se fait
grâce à des abrasions ou des plaies de la peau ou des muqueuses
superficielles. Les tiques facilitent la pénétration du parasite
du fait des lésions cutanées qu'elles provoquent. L'infection
par H. farciminosum est limitée aux chevaux et aux
mulets. Elle est beaucoup plus rarement observée chez les
ânes et de très rares cas de contamination humaine ont été
rapportés.
Signes cliniques
Après une incubation de plusieurs
semaines, on note l'apparition de nodules intradermiques
de 2 cm de diamètre localisés principalement au niveau des
membres. Ces nodules froids et indolores ne tardent
pas à s'abcéder en laissant sourdre un pus épais et jaunâtre.
Un œdème se forme dans les tissus sous-jacents. Les nodules
augmentent de taille et s'ulcèrent, les tissus sous-jacents
s'indurent et sont plus ou moins douloureux à la palpation.
Progressivement les vaisseaux lymphatiques des zones infectées
se modifient. Ils deviennent volumineux formant de véritables
cordes le long desquelles vont se former de nouveaux nodules
qui vont successivement s'abcéder et s'ulcérer formant parfois
de véritables cratères confluants.
Il y a donc des vagues successives
d'abcédation pendant 3 à 4 mois, puis petit à petit la cicatrisation
de ces ulcères survient mais de nouvelles localisations
ne tardent pas à apparaître. Les ganglions lymphatiques
des régions infectées s'hypertrophient et s'abcèdent laissant
sourdre une grande quantité de pus. Des localisations aux
muqueuses superficielles sont parfois observées: jetage
nasal mucopurulent, ulcères de la conjonctive, abcès des
muqueuses génitales. L'état général n'est pas altéré durant
l'évolution de la maladie sauf pendant la phase d'adénite
suppurée où on peut noter de l'anorexie, de la fièvre et
de l'amaigrissement. La grande contagiosité de cette
mycose fait que la morbidité est très élevée. Le plus souvent
l'affection atteint l'ensemble de l'effectif présent. Par
contre la mortalité est très faible.
Diagnostic
Sur le plan clinique,
le diagnostic est assez aisé. Il s'agit d'une lymphangite
ulcérative d'évolution chronique et très contagieuse.
Le diagnostic différentiel
doit être fait vis-à-vis de :
- la morve cutanée : le pus
est huileux, les ganglions ne sont pas abcédés
- la lymphangite ulcéreuse à
Corynebacterium pseudotuberculosis : le pus est
verdâtre, la réaction ganglionnaire est plus discrète,
l'évolution est de forme aiguë
- la sporotrichose : absence
de contagiosité, pus épais de couleur brun-chocolat
- la gourme : absence de nodules
cutanés et d'ulcères, évolution aiguë et fébrile.
Le diagnostic expérimental
est basé sur la mise en évidence du parasite dans les lésions
après coloration au May-Grunwald-Giemsa. Un test ELISA permet
de rechercher les anticorps correspondants. En effet cette
maladie entraîne une solide immunité, et les animaux qui
parviennent à en guérir se montrent réfractaires aux ré-infections.
Traitement - prévention
L'utilisation de solutés iodés
par voie intraveineuse ou orale ne permet pas d'éviter les
rechutes. L'amphotéricine B, la nystatine et le clotrimazole
sont efficaces in vitro. Cependant dans la majorité des
pays infectés par la lymphangite épizootique, les traitements
sont interdits et l'abattage des animaux infectés demeure
la règle. Des essais de vaccination ont été tentés avec
des résultats très inconstants.
La prévention repose essentiellement
sur des mesures de défense sanitaire : élimination des malades,
désinfection des locaux et du matériel (solution iodées,
eau de Javel), brûlage des litières, désinsectisation. L'importation
des équidés nécessite un certificat vétérinaire international
indiquant que les animaux ne sont pas atteints cliniquement
et qu'ils ont séjourné pendant les 2 mois précédants dans
des exploitations où aucun cas de lymphangite épizootique
n'a été détecté.
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