LEPTOSPIROSES
Les Leptospiroses sont des zoonoses
bactériennes relativement fréquentes, atteignant principalement
les animaux domestiques (herbivores, chiens, porcins), transmises
par un certain nombre d'animaux sauvages (surtout les rongeurs).
L'homme est un hôte accidentel de cette maladie et peut s'infecter
lors de contacts avec des animaux ou lors d'activités professionnelles.
Chez le cheval, elles se caractérisent par des signes cliniques
très polymorphes qui rendent son diagnostic très difficile.
De très nombreuses souches bactériennes
(ou sérovars) sont susceptibles d'infecter les animaux : elles
ont un pouvoir pathogène également variable. Ce sont les rongeurs
sauvages qui constituent le réservoir principal de cette affection.
Ils hébergent en effet la bactérie sans présenter de signes
cliniques particuliers et l'excrètent de façon quasi permanente
par leur urine.
Etiologie
Les leptospires sont des bactéries
Gram négatif, aérobies, de forme hélicoïdale et très mobiles.
Elles appartiennent à l'ordre des Spirochaetales et à la
famille des Leptospiraceae qui comporte trois genres :
- Leptospira,
genre divisé en deux espèces : Leptospira interrogans,
pathogène pour l'homme et les animaux ; Leptospira
biflexa, saprophyte aquicole, non pathogène
- Turneria
- Leptonema.
L'étude des antigènes des leptospires
a permis de déterminer l'existence de plus de 300 sérovars
(ou souches) dans l'espèce L. interrogans. Cette
distinction en sérovars est basée sur les propriétés agglutinantes
de sérums mono-spécifiques. Ces sérovars ont cependant une
certaine parenté antigénique et on a pu les regrouper en
25 sérogroupes différents.
Les bactéries de l'espèce L.
interrogans sont des filaments hélicoïdaux de 0,1µm
de diamètre et de 6 à 20µm de long. Elles comportent de
18 à 30 spires, enroulées dans le sens des aiguilles d'une
montre avec une amplitude de 0,5µm. Elles ont une membrane
externe similaire à celle des autres bactéries Gram négatif
qui renferme des lipopolysaccharides, dont des antigènes
O de paroi, des antigènes H protéiques et flagellaires,
et des antigènes de surface. Au-dessous de cette membrane
cytoplasmique se trouve le peptidoglycane assurant la morphologie
hélicoïdale de la bactérie. L'appareil locomoteur est formé
de 2 filaments axiaux étirés tout au long de la bactérie
et insérés aux deux extrémités de la bactérie à un corpuscule
basal intracytoplasmique.
Les leptospires sont très difficilement
visibles au microscope optique classique mais peuvent être
visualisés au microscope à contraste de phase ou à fond
noir. Les leptospires peuvent survivre très longtemps dans
le sol, les eaux stagnantes, la boue. Des pH neutres (6,1
à 7,2) et une humidité de 15 à 30% leur sont particulièrement
favorables et dans ces conditions leur survie peut aller
de 32 à 74 jours. L'urine (pH neutre ou alcalin) ne les
inhibe pas et elles peuvent y survivre plus de 10 jours.
Ces bactéries sont sensibles aux désinfectants (dérivés
chlorés, iodés ou phénolés), aux ultraviolets, aux pH acides
ou basiques.
Epidémiologie
Les leptospiroses sont des zoonoses
à répartition mondiale qui infectent indifféremment
les chevaux, les bovins, les petits ruminants, les porcins,
les chiens et l'homme. Le réservoir est constitué par
les animaux sauvages et plus particulièrement les mammifères.
Infectés de façon permanente sans être cliniquement atteints,
ils éliminent les bactéries dans l'urine de façon abondante
et souvent à vie, malgré la présence d'anticorps ou l'emploi
des antibiotiques. Les taux de bactériurie peuvent atteindre
108 par ml.
Certains sérovars apparaissent
préférentiellement transmis par un hôte donné, auquel ils
pourraient être plus adaptés. Ainsi, en Europe :
- le rat - Rattus
norvegicus est le réservoir habituel de L. icterohaemorrhagiae
- la souris commune
- Mus musculus de L. sejroe et de L.
ballum
- le campagnol - Microtus
spp. de L. grippotyphosa
- le hérisson - Erinaceus
spp. de L. bratislava et L. muenchen
- le chien - Canis
familiaris de L. canicola et L. saxkoebing
- le ragondin - Myocastor
coypus de L. icterohaemorrhagiae
- le porc domestique
- Sus scofa domestica de L. canicola, L. pomona
et de L. australis
- les bovins - Bos
taurus de L. pomona, etc..
Cependant, le même animal peut
héberger et éliminer de multiples sérovars appartenant à
des sérogroupes différents. La prévalence de l'infection
chez les animaux domestiques ou sauvages est très variable
selon les conditions géographiques et climatiques.
Chez le cheval la séroprévalence
ainsi que la prédominance de tel ou tel sérovar sont mal
connues car elles peuvent varier en fonction des régions
concernées. Mais dans l'espèce chevaline on compte en moyenne
5 à 6 sérovars différents ayant une incidence pathologique
nette.
- Aux Etats-Unis on observe
plus fréquemment (par ordre de fréquence) L. pomona,
L. bratislava, L. autumnalis, L. grippotyphosa, L. icterohaemorrhagiae
et L. hardjo
- En Italie, la séroprévalence
observée sur les chevaux est plus fréquente pour L.
bratislava, L. ballum, L. icterohaemorrhagiae, L. grippotyphosa
et L. hardjo
- En France, les sérovars
les plus fréquemment rencontrés sont : L. bratislava,
L. icterohaemorrhagiae, L. grippotyphosa, L. autumnalis
et L. sejroe.
Il existe des variations régionales
des sérovars en cause liées aux conditions climatiques,
aux cycles de l'élevage et à la faune sauvage environnante.
Pouvoir pathogène
L'infection par les leptospires
se caractérise avant tout par une bactériémie. Les
leptospires ne se localisent pas dans le site de pénétration,
ne sont pas pyogéniques et ne produisent pas de réactions
inflammatoires directes.
La pénétration des spirochètes
se ferait essentiellement au travers d'abrasions cutanées,
des muqueuses conjonctivale, génitale, orale ou naso-pharyngée,
parfois par inhalation au niveau pulmonaire et par voie
transplacentaire de la jument vers son fœtus. Au site de
pénétration, les leptospires n'induisent pas de réaction
inflammatoire et n'activent pas les mécanismes cellulaires
de défense de l'hôte. Les souches pathogènes semblent avoir
une résistance naturelle vis-à-vis des immunoglobulines
présentes au niveau plasmatique. Très rapidement les leptospires
gagnent les vaisseaux lymphatiques avant d'envahir la circulation
sanguine et se retrouvent préférentiellement dans le tissu
pulmonaire, le foie et la rate. Leur multiplication est
alors très rapide (doublement de leur nombre toutes les
8 heures) car les souches pathogènes virulentes "échappent"
à la phagocytose. En effet les leptospires virulents
ne peuvent être sensibles à la phagocytose qu'en présence
d'immunoglobulines spécifiques des lipopolysaccharides membranaires.
Cette spécificité est étroitement
associée aux sérovars ; des réactions croisées entre les
sérovars peuvent exister, mais elles sont strictement limitées
aux sérovars d'un même sérogroupe. Cependant l'apparition
progressive d'immunoglobulines opsonisantes spécifiques
dans le plasma entraîne l'élimination des spirochètes en
3 à 6 jours après la pénétration des leptospires dans l'organisme
et au moment où apparaissent les premiers signes cliniques
et les lésions correspondantes.
Le délai de l'incubation peut
varier de façon très importante en fonction de la virulence
de la souche, de la quantité de germes inoculés, de l'état
immunitaire et physiologique de l'animal, et de son âge.
Les jeunes sujets, immunologiquement immatures, sont beaucoup
plus sensibles que les adultes. Lorsque l'évolution de l'affection
n'est pas fatale, les leptospires peuvent persister dans
l'organisme en faible quantité dans certains tissus: tubules
rénaux, encéphale, chambre antérieure de l'œil et tractus
génital. Ainsi protégés des anticorps circulants, ils prolifèrent
dans ces différents sites et atteignent un taux maximum
3 à 4 semaines après le début de l'infection.
Au niveau rénal, les leptospires
vont migrer dans l'espace interstitiel et entre les cellules
épithéliales rénales. Ils sont excrétés dans l'urine et
sont fixés sur les anticorps provenant des tubules endommagés.
L'adhésion des leptospires à la surface des cellules des
tubules rénaux n'entraîne pas de lésions ou de réactions
inflammatoires. Après pénétration à l'intérieur des cellules
la bactérie produit un certain nombre de toxines qui vont
entraîner la mort de la cellule infectée. Ce sont en particulier
des lipides nécrotoxiques, des phospholipases, des hémolysines
et des lipases. Ces toxines bactériennes sont responsables
des premières lésions des cellules endothéliales des vaisseaux
sanguins. Ces perturbations de la microcirculation sanguine
entraînent une ischémie et une anoxie locale perturbant
le métabolisme cellulaire et provoquant la mort des cellules.
Ces mêmes phénomènes existent
au niveau rénal, l'ischémie locale induit la nécrose des
tubules, une néphrite interstitielle aiguë, des lésions
des glomérules, une insuffisance rénale et de l'anurie.
Suivant les sérovars en cause, des lésions similaires peuvent
être observées au niveau des poumons, du système nerveux
central, du foie, du placenta et du muscle cardiaque.
Ces lésions tissulaires diverses
et variées sont responsables des signes cliniques classiquement
décrits dans les leptospiroses : hémorrhagies pulmonaires,
insuffisance hépatique et ictère, encéphalopathie et méningite,
avortement, myocardite, anémie, thrombocytopénie, etc. Par
ailleurs le pouvoir pathogène des leptospires se fait également
au travers de phénomènes auto-immuns observés lors
d'infections secondes ou à évolution chronique. Des immun-complexes
se forment au niveau des reins et de la chambre antérieure
de l'œil. Il y aurait une réaction immunologique croisée
entre l'épitope d'une protéine du tissu oculaire du cheval
et un antigène particulier du leptospire.
Signes cliniques
Chez le cheval, l'infection par
les leptospires peut revêtir différentes formes
cliniques dont le diagnostic étiologique s'avère
le plus souvent très délicat. La symptomatologie
peut se caractériser par des formes chroniques, sub-cliniques
ou aiguës en fonction des sérovars en cause,
de l'état de résistance des animaux, etc.
Forme aiguë
Elle est très rarement
observée chez le cheval. Après une courte
incubation (2 à 4 jours) on note une brusque
hyperthermie (40,5 à 41°C) accompagnée
d'une anorexie, de léthargie et d'une forte dyspnée.
Très rapidement ces premiers signes cliniques
s'accompagnent de perturbations de l'hémogramme
: thrombocytopénie, anémie, leucocytose,
élévation du fibrinogène.
Dans certains cas on peut
observer de l'hémoglobinurie associée
à de l'ictère pendant 2 à 4 jours.
Dans d'autres cas des pétéchies ou des
suffusions apparaissent au niveau des muqueuses conjonctivales,
génitales et buccales. Des troubles nerveux (ataxie,
troubles de la démarche, etc.) peuvent également
survenir lors d'atteinte du système nerveux central.
Parfois l'atteinte est essentiellement rénale
avec fièvre intermittente (38 à 40°C),
dépression, anorexie, douleurs abdominales, coliques
modérées. On note de la polyurie/polydipsie.
Les examens complémentaires
montrent une leucocytose, une élévation
du fibrinogène et de l'azotémie.Chez les
juments gestantes, l'avortement survient dans
les jours qui suivent cette forme aiguë de la maladie.
Les poulains nés à terme d'une jument
ayant présenté des signes cliniques de
leptospiroses, présentent dès la naissance
une forme septicémique qui les tue en quelques
jours. En l'absence de traitement, une évolution
fatale est plus souvent observée chez les poulains
que chez les adultes, mais des complications rénales
ou oculaires peuvent survenir.
Forme abortive
L'avortement des juments
peut survenir à la suite de la forme aiguë
(voir ci-dessus) mais le plus souvent il fait suite
à des manifestations cliniques subaiguës.
Quelques semaines avant d'avorter les juments présentent
des troubles équivoques : faiblesse, inappétence,
légère hyperthermie, troubles de la démarche.
En règle générale les avortements
ont lieu dans le dernier tiers de la gestation mais
peuvent survenir dès le 3ème mois.
Forme oculaire
Chez le cheval la forme
oculaire de la leptospirose est de loin la manifestation
clinique la plus fréquente. Elle survient
entre 2 et 8 mois après l'infection initiale
qui passe le plus souvent totalement inaperçue.
Elle se manifeste sous la forme d'uvéites récurrentes
ou périodiques (d'où l'ancienne appellation
de Fluxion périodique). Les premiers
signes cliniques sont de l'épiphora, un blépharospasme,
de la photophobie, du myosis et un dème
cornéen. La conjonctive est très enflammée
et on note une hypertrophie des vaisseaux peri-cornéens.
Un examen plus complet de
l'il permet d'apercevoir des synéchies
dans la chambre antérieure de l'il (adhésion
de l'iris à la cornée), bien que ces lésions
soient plus fréquemment observées lors
de récidives. Les synéchies de la chambre
postérieure (adhésion du cristallin à
l'iris) sont plus rarement observées. Une rémission
de ces signes oculaires aigus survient le plus souvent
pour réapparaître quelques mois plus tard.
A la longue on note une microphtalmie,
une baisse de la tonométrie, une opacification
du cristallin, une depigmentation de la rétine
en forme d'aile de papillon autour du nerf optique.
L'évolution vers la cécité est
souvent de règle. Cette irido-cyclite est le
résultat de la formation d'immun-complexes au
niveau de la chambre antérieure de l'il.
Des pauci-recontaminations par des leptospires viendraient
aggraver ce processus auto-immun et seraient responsables
de l'aspect récidivant de cette affection. Bien
que d'autres facteurs étiologiques (Onchocerca
spp) puissent être à l'origine d'ophtalmies
périodiques, la mise en évidence de Leptospira
dans la chambre antérieure de l'il par
PCR s'avère positive dans plus de 80% des cas
de fluxion périodique.
Formes sub-cliniques
L'infection par les leptospires
ne s'accompagne pas toujours de symptômes caractéristiques.
Légère hyperthermie, baisse des performances,
appétit modifié, légère
asthénie sont parfois les seuls troubles observés.
Dans toutes les formes cliniques
décrites, on peut observer une excrétion urinaire
des leptospires pendant des périodes relativement
longues (jusqu'à 3/4 mois). Les animaux infectés,
même sans symptomatologie marquée, représentent
une source non négligeable de contamination pour
les autres chevaux de l'effectif.
Diagnostic
Le diagnostic clinique
est difficile à établir du fait de la très grande variabilité
des signes cliniques.
Dans la forme oculaire un diagnostic
différentiel doit être fait vis-à-vis des kératites,
des conjonctivites, des uvéites traumatiques et des onchocercoses.
Le diagnostic est basé sur la
mise en évidence des leptospires à partir du sang, du lait,
du liquide céphalo-rachidien (pendant la phase aiguë soit
dans les 5 à 8 premiers jours) ou de l'urine (beaucoup plus
tardivement après le début de l'infection soit 14 à 28 jours
après). L'injection de furosémide favorise la miction et
il y a lieu d'alcaliniser le prélèvement urinaire car les
pH acides détruisent les leptospires. Les recherches bactériologiques
à partir de ces prélèvements réalisés dans les premiers
jours de l'affection et avant l'utilisation des antibiotiques
sont rarement pratiquées car souvent faussement négatives
en raison de la faible durée de survie de ces germes dans
les liquides biologiques.
L'utilisation de la PCR à partir
de ces mêmes prélèvements améliore grandement les chances
de succès. Le plus souvent on fait appel aux techniques
sérologiques. Les tests ELISA permettent de différencier
les IgM des IgG et d'identifier des infections récentes
d'infections plus anciennes. Le test de microagglutination
(MAT) est le test sérologique le plus employé. Le sérum
à tester (après dilution en série) est mis en présence de
différents sérovars (entre 6 et 15). La présence d'agglutinine
dans le sérum entraîne une agglutination qui est mesurée
au microscope en fonction de la dilution la plus élevée
du sérum qui produit une agglutination nette.
Dans les affections aiguës on
recherche une séroconversion sur au moins 3 prélèvements
à J0, J21 et J60. Le plus souvent, du fait d'une certaine
communauté antigénique entre les sérovars, on obtient une
réponse positive vis-à-vis de plusieurs d'entre eux. On
doit donc considérer comme étant le ou les germes responsables,
celui ou ceux qui donnent la séroconversion la plus élevée
et en tout état de cause avec un titre au moins égal à 1/800.
Cependant l'interprétation des résultats peut s'avérer plus
difficile : certains chevaux ont des titres élevés sans
présenter le moindre trouble, on peut avoir à faire à un
sérovar ne figurant pas dans le panel utilisé par le laboratoire,
une antibiothérapie trop précoce a pu "négativer" le résultat,
une vaccination récente peut faire croire à une séroconversion,
etc.
D'autre part il semblerait que
le niveau des titres en MAT varient en fonction des sérovars
rencontrés. L. icterohaemorrhagiae induirait des
titres MAT 10 à 20 fois plus élevés que L. hardjo.
Par ailleurs lors d'affections aiguës confirmées par une
hémoculture positive, on peut observer une très faible séroconversion.
En règle générale on considère qu'un résultat MAT est positif
si on observe une augmentation de titre d'au moins 4 dilutions
par rapport au titre à J0. Dans les formes chroniques ou
subaiguës, l'interprétation des résultats sérologiques est
beaucoup plus délicate. En effet de très nombreux chevaux
présentent une séropositivité liée à des contacts antérieurs
avec ces germes, et les séroconversions provoquées par des
infections secondes d'évolution chronique sont parfois limitées.
La détection d'animaux porteurs
sains et excréteurs de leptospires dans l'urine nécessite
l'utilisation de techniques complexes. La mise en culture
des leptospires à partir de l'urine se heurte au fait que
l'excrétion des germes est irrégulière ou d'un faible niveau,
nécessitant des examens répétés. Les polysaccharides des
leptospires sont excrétés dans l'urine des animaux porteurs.
Ils peuvent être adsorbés sur des globules rouges et ensuite
hémagglutinés par des anticorps correspondants permettant
ainsi le diagnostic de ce portage.
Traitement
La plupart des antibiotiques
ont une efficacité sur les leptospires au travers des antibiogrammes
pratiqués. Cependant, du fait de la situation intracellulaire
de ces germes, seuls quelques anti-infectieux se montrent
réellement efficaces en pratique. La pénicilline reste
l'antibiotique de choix ( Pénicilline procaïne, 15.000
UI/kg en IM 2 fois par jour).
En cas d'allergie ou d'intolérance
aux pénicillines on peut utiliser l'Oxytétracycline (5 à
10 mg/kg en IV 2 fois par jour). D'autres anti-infectieux
sont utilisables comme le Ceftiofur, 2 à 4 mg/kg/jour en
IM. Les aminosides (streptomycine, gentamycine) semblent
peu actifs contre les leptospiroses équines. Il en est de
même pour les sulfamides.
La durée du traitement dépend
de la gravité des symptômes et surtout de la précocité de
sa mise en œuvre. Un traitement anti-infectieux débuté très
précocement peut éviter une atteinte des organes. Des traitements
complémentaires destinés à corriger les troubles électrolytiques
et l'atteinte rénale viendront compléter l'antibiothérapie.
Dans les formes oculaires on utilisera des collyres à base
de corticostéroïdes et/ou de cyclosporine.
Ces traitements locaux sont
accompagnés d'injections d'anti-inflammatoire non stéroïdiens
(Kétoprofène, Flunixine, Phénylbutazone) pour réduire les
processus inflammatoires et combattre la douleur. Des cycloplégiques
sont aussi employés pour induire une dilatation de la pupille
et prévenir la formation des synéchies. Les collyres à l'atropine
doivent être appliqués toutes les 4 heures mais peuvent
induire des manifestations de colique. Dès que la dilatation
pupillaire est obtenue, il y a lieu de réduire le rythme
d'application de l'atropine.
Prévention
Il n'existe pas à l'heure
actuelle de vaccins permettant une prophylaxie médicale
des leptospiroses équines.
Les variations des sérovars suivant
les régions et les pays, le nombre élevé de sérovars susceptibles
d'infecter les chevaux, la difficulté pour démontrer l'activité
clinique de tels vaccins après épreuve sont autant d'éléments
qui freinent le développement de tels vaccins. Certains
utilisent, à leur risque, des vaccins destinés aux bovins
ou aux canidés. Les souches vaccinales ne correspondent
pas toujours aux sérovars habituels du cheval et la protection
croisée n'est pas démontrée. Du fait d'une séroprévalence
élevée dans l'espèce équine, l'utilisation de tels vaccins
peut entraîner des phénomènes auto-immuns plus particulièrement
sur les chevaux atteints d'ophtalmie périodique.
Enfin, aucune étude n'a été
faite sur les résultats cliniques de ces vaccinations chez
le cheval (Quid de la posologie, du rythme d'injection,
de la tolérance, de l'effet sur l'excrétion urinaire ?).
La prophylaxie sanitaire vise essentiellement à éliminer
les rongeurs sauvages qui sont les sources principales de
contamination, à assécher les pâturages marécageux, à isoler
les animaux atteints. Il n'y a pas, en France, de réglementation
concernant le dépistage de cette affection. Le code zoo
sanitaire international prévoit que les chevaux destinés
à l'exportation dans certains pays doivent avoir un taux
en MAT inférieur au 1/200ème et qu'ils peuvent être traités
par 2 injections de streptomycine (25 mg/kg) à 15 jours
d'intervalle.
Référence
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Leptospira and Leptospirosis
MediSci editor, 1999, second edition, Melbourne, Vic. Australia.
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