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FIEVRE CHARBONNEUSE

Affection bactérienne très contagieuse, la Fièvre Charbonneuse ou Charbon Bactéridien (Anthrax pour les Anglo-saxons) est une maladie infectieuse à caractère zoonotique devenue exceptionnelle en Europe et sévissant sous forme sporadique ou enzootique. Elle est due à un bacille sporulé, Bacillus anthracis, susceptible de demeurer dans le sol pendant des dizaines d'années.

Etiologie

Bacillus anthracis est un gros bacille (5 à 10 µm de long et 1 µm de large), immobile, Gram positif et aéro-anaérobie. Les souches pathogènes possèdent une capsule. Sous l'influence de l'oxygène de l'air et d'une température chaude ( 18 à 42°C) et humide, une spore ovoïde se forme à l'extrémité du bacille. Au-delà de 42,5°C, cette sporulation ne peut avoir lieu, et la virulence du germe s'estompe peu à peu. Cette atténuation par la chaleur a été la première méthode de vaccination contre la Fièvre charbonneuse mise au point par Pasteur en 1881.
Les souches pathogènes de B. anthracis sécrètent des toxines de nature protéique: un facteur I oedématogène, un facteur II immunogène et un facteur III ou facteur létal. La production de ces toxines est très fugace et varie en fonction des souches.
Plusieurs facteurs antigéniques ont été identifiés en plus des toxines protéiques : un antigène capsulaire qui est un des facteurs majeurs de virulence, en empêchant la phagocytose par les macrophages et rendant le sang incoagulable, et des antigènes somatiques mis en évidence par des réactions de précipitation comme la réaction d'Ascoli.

Epidémiologie

Le charbon bactéridien existe dans toutes les régions du monde, mais plus particulièrement en Asie, en Afrique, en Europe de l'Est. Aux USA, des foyers de charbon sont régulièrement observés. La maladie paraît particulièrement implantée dans certaines régions, d'où l'appellation de champs maudits.
Les cadavres d'animaux morts du charbon jouent le rôle de sources de bacilles. Ce sont essentiellement la peau et les poils de ces cadavres qui représentent la source principale de contamination pour l'homme et les autres animaux. Le sang, les muscles et les os de ces cadavres utilisés pour la production de farines de viande sont également une source fréquente de contamination.
Les sécrétions des animaux malades et les cadavres sont à l'origine de la contamination des sols. Le bacille sporule facilement et les spores ainsi produites peuvent se conserver jusqu'à 80 ans dans le sol. Ces spores peuvent être remontées à la surface par les vers de terre ou lors d'inondations; disséminées sur les pâturages elles seront absorbées par les herbivores, la voie digestive étant la source principale de contamination. Les carnivores se contaminent le plus souvent en ingérant la viande d'animaux morts de charbon, alors que chez l'homme, la contamination se fait par voie aérienne ou trans-cutanée à la faveur de plaies.

Signes cliniques

Chez le cheval, la Fièvre charbonneuse est le plus souvent une infection suraiguë, entraînant la mort en 1 à 3 jours. Il s'agit d'une septicémie foudroyante accompagnée d'une très forte hyperthermie et de fortes douleurs abdominales. On observe des écoulements de sang noirâtre, mal coagulé, s'échappant de l'anus, de la vulve, de la bouche et du nez ; l'autopsie révèle des épanchements typiques séro-sanguineux dans les cavités thoracique et abdominale, ainsi qu'une splénomégalie avec hyperémie. La rate est ramollie, gorgée de sang et très fiable. On note également une hématurie, la vessie contenant de l'urine colorée par du sang en nature.
Chez l'homme, la Fièvre charbonneuse peut revêtir trois formes cliniques différentes en fonction du mode de contamination :

  • une forme cutanée caractérisée par la formation d'une pustule maligne pouvant évoluer vers un volumineux œdème
  • une forme gastro-intestinale liée à la consommation de viande contaminée
  • une forme pulmonaire succédant à l'inhalation de poussières contaminées par la bactérie charbonneuse.

    Si les formes cutanées peuvent guérir, sous réserve d'un traitement antibiotique instauré très rapidement, les formes internes sont le plus souvent d'évolution mortelle.
    Après pénétration dans les tissus, les spores donnent naissance à des bacilles qui se multiplient activement et gagnent les ganglions lymphatiques d'où ils passent dans la circulation sanguine et envahissent la rate.

    Lorsque la capacité de la rate est saturée, les bacilles se déversent massivement dans le sang et s'y multiplient. Cette multiplication massive et très rapide de la bactérie charbonneuse, qui ne peut être éradiquée par le système macrophagique, entraîne une production très importante de toxines responsables du pouvoir rapidement létal de la bactérie.

  • Diagnostic

    Isolement et mise en culture du germe à partir d'un prélèvement sanguin ou d'organes. Réaction d'Ascoli basée sur la recherche des antigènes somatiques de B. anthracis dans les prélèvements d'organes à l'aide d'un sérum précipitant anticharbonneux.

    Traitement - Prévention

    Le bacille du charbon est sensible à la plupart des antibiotiques et plus particulièrement aux pénicillines. Cependant du fait de la rapidité de l'évolution de la maladie, le traitement antibiotique est souvent inefficace d'autant que le pouvoir pathogène essentiel est lié à la production et à l'action des toxines que ces anti-infectieux ne peuvent neutraliser.

    Le charbon bactéridien est une maladie réputée légalement contagieuse et à déclaration obligatoire. Il fait également partie des maladies humaines professionnelles à déclaration obligatoire.

    La prévention est basée sur l'utilisation de vaccins atténués et adjuvés. La souche atténuée de Sterne (1937) additionnée de saponine est utilisée pour la vaccination des ovins et des bovins par voie sous-cutanée ou intradermique. Chez le cheval, cette vaccination pourrait entraîner la réactivation de la souche vaccinale et d'autre part, la présence d'un adjuvant d'immunité à base de saponine induit de fortes réactions locales et générales.

     
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