| STRONGYLOSES
RESPIRATOIRES DU CHIEN |
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Les helminthoses respiratoires
des carnivores sont dues à
la présence et au d”veloppement dans l'appareil
respiratoire
des carnivores, trachée, bronches, bronchioles et/ou
alvéoles
pulmonaires, de nématodes Strongylida, Metastrongyloidea.
L'agent pathogène
Biologie
Epidémiologie
Etude clinique
Lésions
Diagnostic
Méthodes de lutte
L'agent
pathogène
Plusieurs espèces
sont observées : Oslerus osleri,
Filaroides hirthi, Filaroides milksi, Crenosoma
vulpis. Seule la première est couramment
diagnostiquée,
tandis que les autres sont avant tout
des parasites des carnivores sauvages, en particulier
des renards. Le chat est infesté par un autre
strongle respiratoire : Aelurostrongylus abstrusus.
Espèces affectées
Les strongles respiratoires infestent les Canidés,
essentiellement sauvages, parfois le chien.
Crenosoma vulpis pourrait aussi infester le chat.
Répartition géographique
Cosmopolite. En milieu rural et forestier, lorsque
les populations de renards sont importantes, le
risque d’infestation des chiens, notamment de
chasse, est accru.
L’oslérose a une répartition et une épidémiologie
différente puisqu’il s’agit d’une
parasitose canine
qui se rencontre dans les élevages du monde
entier. Elle touche avant tout les petites races, probablement
car elle passe inaperçue dans les
grandes.
Importance
Médicale avec l’apparition d’une trachéobronchite
chronique rebelle aux traitements, dans le
cas de l’oslérose ou de la crénosomose,
et d’une
bronchopneumonie dans le cas des filaroïdoses.
Economique : lors d’infestation des chiots en élevage
par Oslerus osleri (en Europe) ou Filaroides
hirthi et F.milksi (notamment aux Etats-Unis),
car les L1 émises par les adultes sont directement
infestantes.
Morphologie
Les strongles respiratoires sont en général
de
petite taille. Crenosoma vulpis mesure 3 à 5 mm
pour les mâles, 12 à 15 pour les femelles.
Les
Filaroides comme Oslerus osleri ont une taille
similaire. Les femelles sont vivipares et pondent
des L1 dont la taille varie de 200 à 300 µm
de
long. Elles sont rejetées dans les selles et peuvent ê
tre mise en évidence par coproscopie. Elles ont
une queue ondulée.


Biologie
La localisation dépend
des espèces. Crenosoma
vulpis se localise dans la lumière de la
trachée
et
des bronches principales. Filaroides milski et
Filaroides milksi sont des parasites du parenchyme
pulmonaire. Ils se trouvent dans les bronchioles
ou les alvéoles. Oslerus osleri est un
parasite de la trachée ou de l’arbre trachéobronchique,
il se localise dans la muqueuse, au
sein de nodules fibreux. Les strongles respiratoires
ont pour la plupart un cycle évolutif dixène
faisant intervenir un hôte intermédiaire,
généralement un mollusque. Crenosoma
vulpis se transmet par l’intermédiaire de gastéropodes
terrestres, en général des limaces, dont
les
renards se nourrissent régulièrement.
Les Filaroides et Oslerus osleri ont un cycle particulier
puisque les L1 sont directement infestantes.
Après ingestion, les L1 traversent la paroi digestive,
puis migrent par voie sanguine et/ou
lymphatique, via le coeur droit, jusque dans les
poumons. La période prépatente est de l’ordre
de 3 à 4 mois. Le pouvoir pathogène est faible
et les carnivores porteurs sains sont nombreux.
Dans le cas de l’oslérose, les jeunes expriment
plus facilement l’infestation, tandis que les
chiens adultes, les reproducteurs dans les élevages,
sont les sources de parasites.
Epidémiologie
Les
strongyloses respiratoires peuvent être sporadiques,
notamment celles transmises par
ingestion d’hôtes intermédiaires,
telle la crénosomose.
Elles peuvent être enzootiques, ou
prendre une allure épizootique, notamment
l’oslérose, fréquente en collectivité (élevage).
Sources de parasites
• Réservoir : canidés sauvages (renards)
pour
Filaroides hirthi, Filaroides milksi (+ Mustélidés)
et Crenosoma vulpis. Chiens pour Oslerus
osleri,
en particulier les chiennes vis-à-vis des chiots.
• Source directe : hôte intermédiaire
pour, C. vulpis. L1 pour O. osleri, F. hirthi et F. milksi.
Mode d’infestation
Ingestion des formes infestantes, il n’y a pas
d’infestation des chiots par le lait des
chiennes, ni d’infestation in utero.

Etude
clinique
L’oslérose
est la principale strongylose respiratoire
observée chez le chien. Elle se caractérise
par une
trachéobronchite chronique due à la présence
des
vers au sein de nodules dans la muqueuse trachéale.
Les chiens, le plus souvent des chiots, présentent
une toux importante. Il peuvent présenter des
crises d’asphyxie (collapsus trachéal). Aucune
hyperthermie n’est notée. Le pouvoir pathogène
est plus marqué chez les chiens de petite race
car
les nodules réduisent le diamètre de la
trachée
ainsi que sa mobilité, provoquant plus facilement
des quintes de toux. Les anti-inflammatoires peuvent
induire une rémission transitoire des symptômes
puissent qu’ils réduisent la trachéite.
Un
diagnostic différentiel doit être fait du
collapsus
trachéal dans les petites races (bichons,
Westies…). La filaroïdose est exceptionnellement
symptomatique. Les vers, localisés dans les bronchioles
et les alvéoles, peuvent entraîner une dyspnée.
La crénosomose peut se traduire par de la
dyspnée et une trachéobronchite (adultes
libres,
dans les bronches, parfois la trachée).
Lésions
Nodules
trachéobronchiques de 3 à 8 mm de
diamètre, brunâtres, laissant deviner les
parasites par
transparence, lors d’oslérose. Les nodules
peuvent évoluer vers la
fibrose. Leur grand nombre
peut provoquer une obstruction partielle de la
trachée. Très discrètes
pour la crénosomose ;
Pneumonie vermineuse
avec foyers
inflammatoires granulomateux
centrés
sur des alvéoles parasitées
lors de filaroïdose.

Diagnostic
Une
suspicion clinique d’oslérose est portée
lors
d’observation d’une trachéite chronique
chez un
jeune chien de petite race. La confirmation est
aisée par endoscopie trachéale. Une biopsie
des
nodules permet de récupérer des vers. La
coproscopie
peut mettre en évidence les L1. La ponte est
irrégulière et des examens répétés
sont nécessaires.

Méthodes
de lutte
• Traitement
Etant donnée la localisation, alvéolaire
ou
intranodulaire, de certains parasites, la biodisponibilité des
anthelminthiques est mauvaise, et le traitement difficile.
Les lésions, notamment
les nodules lors d’oslérose, sont parfois
irréversibles,
et expliquent la persistance de signes
cliniques même après un traitement efficace.
Certains anthelminthiques semblent
donner de bons résultats, notamment l’oxfendazole
et le fenbendazole, mais utilisés durant
plusieurs jours à des posologies élevées
(ex.:
Oxfendazole 50 mg/kg/j. pendant 8 jours).
• Prophylaxie
Uniquement en élevage par le traitement des
adultes, ainsi que le nettoyage et la désinfection
régulière des box pour éliminer les
L1.
Frédéric
Beugnet
DVM - MSc - PhD - Agrégé en Parasitologie et Maladies
Parasitaires
Technical Manager Europe MERIAL
Bibliographie
Bourdoiseau G. et Cadoré J.L.
Helminthoses
respiratoires des carnivores domestiques.
Rec. Méd. Vét., 1993, 169 : 415-420.
Bourdoiseau G. et Cadoré J.L.
L’oslérose
du chien : actualités diagnostiques et thérapeutiques.
Parasite, 1994, 1 : 369-378.
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