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La strongyloLdose est une helminthose
digestive faisant suite à
la pénétration cutanée et à la
migration dans l'organisme de nématodes
Rhabditida, du genre Strongyloides, à l'origine
d'entérites parfois
graves. L'espèce parasite du chien, de l'homme,
est Strongyloides
stecoralis. Il s'agit d'une véritable
zoonose, le plus souvent inversée
puisque l'homme peut permettre la contamination des
chiens.
L'agent pathogène
Biologie
Epidémiologie
Symptômes
Diagnostic
Méthodes de lutte
L'agent
pathogène
• Synonymie : Strongyloïdose,
Anguillulose,
parasites dénommésanguillules.
• Importance : médicale et hygiénique
pour S. stercoralis, espèce commune à l’Homme
et
aux carnivores. Il est cependant possible de
distinguer des populations parasitaires adaptées à
chaque hôte.
• Espèces affectées : Chevaux par S. westeri
Porcs par S. ransomi - Ruminants par S.
papillosus - Carnivores et Homme par S. stercoralis.
• Répartition géographique : cosmopolite,
mais avec une prévalence plus élevée
dans les
pays chauds et humides. La strongyloïdose
canine s’observe parfois en France, notamment
dans des chenils à hygiène pauvre, ou
dans certaines localisations : sols très humides,
marécageux, campements gitans…
Morphologie
Les anguillules sont des petits nématodes,
mesurant environ 5 mm de longueur. Seules
les femelles sont parasites. Elles sont alors parthénogénétiques
et éliminent des oeufs.Ces
derniers sont de petite taille, quadrangulaires,
clairs, mesurant environ 30 x 40 µm. Ils
contiennent une larve lors de leur ponte.
Cette larve 1 peut éclore et se trouver dans les
fèces. Elle est rhabditoïde, car présente
un
oesophage pourvu d’un appareil masticateur
en Y (appareil rhabditoïde). Elle mesure 300 µ
m de long.


Biologie
Les anguillules sont des
parasites de l’intestin
grêle. Les femelles ovovivipares éliminent
des oeufs larvés. Ces derniers libèrent
des larves qui se retrouvent au sol.
Elles évoluent si le milieu est suffisamment
humide, voire boueux, et chaud. Elles donnent
une L2, L3 puis une L4, un stade 5 et
enfin des adultes libres, mâles et femelles.
Cette génération peut apparaître
en 1 semaine
si les conditions climatiques sont favorables.
Ces adultes non parasites pondent
des oeufs qui éclosent et finiront par donner
des L3 infestantes. C’est cette seconde
génération de L3 qui est à l’origine
des
stades parasites, uniquement constitués de
femelles.
Les L3 vont pénétrer par ingestion mais
surtout
par voie percutanée. Elles gagnent la
circulation sanguine, puis les poumons via
le coeur droit, la trachée et sont dégluties
pour aboutir dans l’intestin grêle et y devenir
adultes matures.
Lors d’immunodépression, les oeufs pondus
par ces femelles peuvent éclore et évoluer
dans l’hôte, donnant des L3 puis de nouvelles
générations, qui finissent par ‘‘sortir’’ du
tube digestif et envahir d’autres organes et le
péritoine, c’est l’anguillulose invasive.
Cette
dernière est décrite chez l’Homme,
pas chez le
chien. Le cycle évolutif classique se déroule
en
4 à 6 semaines. Les L3 peuvent continuer leur
migration au niveau des artérioles pulmonaires
et se trouver disséminer dans les tissus de l’hôte.
Elles s’enkystent et restent quiescentes plusieurs
mois. Elles peuvent reprendre leur migration
lors de stress, mise bas par exemple, et être
transmises aux chiots par l’intermédiaire
du lait.
Epidémiologie
Epidémiologie descriptive
Maladie observée toute l’année dans les pays
chauds, l’été dans les pays tempérés.
Helminthose pouvant s’observer sur des
animaux à l’intérieur de bâtiments ou à l’extérieur,
affectant plutôt les jeunes. Dans des
chenils mal entretenus, à sols humides,
les générations libres des Rhabditides peuvent
se dérouler.
Epidémiologie analytique
• Sources de parasites : L3 strongyloïdes
infestantes présentes sur un sol humide (larves
sensibles à la dessiccation).
• Mode d’infestation :
- voie transcutanée essentielle,
- voie buccale (mais destruction des L3 dans
l’estomac). Possibilité d’enkystement des L3
dans les muscles ou le tissu mammaire, avec
reprise d’activité chez les femelles entraînant
une infestation des jeunes mammifères par le
colostrum ou le lait.
• Réceptivité : plus grande sensibilité des
jeunes. Immunodépression (malnutrition,
traitement immunosuppresseur, SIDA chez
l’Homme) : favorise une multiplication des
parasites dans l’intestin (auto-infection) et une invasion de l’organisme
par des L3 :
Anguillulose invasive et disséminée.

Symptômes
• Phase d’invasion
: papules, notamment sur
la face ventrale des animaux. Ces invasions
cutanées peuvent aussi être dues à d’autres
nématodes du sol ou rhabditides (Pelodera par exemple). Ces derniers seront détruits et
ne continueront pas leur évolution.
L’infestation cutanée se traduit par une
réaction immunitaire loco-régionale d’où une
polyadénomégalie.
• Phase de migration : possibilité de
toux lors du passage des larves dans le parenchyme
pulmonaire.
• Phase intestinale : entérite aiguë avec
colique, diarrhée, et anémie. Les anguillules
sont pathogènes et entraînent des diarrhées
profuses, avec souvent un syndrome fébrile
(hyperthermie, tremblements, apathie).
La strongyloïdose est facilement confondue
avec des entérites bactériennes comme une
colibacillose ou une salmonellose.
Lésions
Entérite catarrhale aiguë,
avec possibilité d’ulcères et d’hémorragies.
Diagnostic
Le diagnostic
différentiel doit être fait des
autres causes d’entérites chez les jeunes
carnivores.
La confirmation
se fait par dépistage
coproscopique
et mise en évidence
des oeufs.

Méthodes
de lutte
Traitement
Il est plus difficile que pour les autres helminthoses
digestives, notamment les ankylostomoses.
Le thiabendazole et l’ivermectine semblent être les deux
molécules de choix.
Prophylaxie
Elle repose sur la désinfection et l’hygiène des
locaux d’élevage, ainsi que sur le traitement des
femelles avant mise bas.
Frédéric
Beugnet
DVM - MSc - PhD - Agrégé en Parasitologie et Maladies Parasitaires
Technical Manager Europe MERIAL
Bibliographie
Bourdoiseau G. et Cadoré J.L.
Helminthoses
respiratoires des carnivores
Rec.Méd.Vét.,
1993, 169 : 415-420.
Bourdoiseau G. et Cadoré J.L.
L’oslérose
du chien : actualités diagnostiques et thérapeutiques.
Parasite, 1994, 1 : 369-378.
Bowman D.
Georgi’s Parasitology for veterinarians,
seventh edition.
Ed Saunders Company, 1999, 414 p.
Bussièras J. et Chermette R.
Helminthologie Vétérinaire
2e
Ed.
Abrégé de Parasitologie, Fasc.III, Ed Service
de Parasitologie de l’ENVAlfort, 414 p.
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