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L'agent pathogène
Biologie
Epidémiologie
Etude clinique
Lésions
Diagnostic
Méthodes de lutte
L'agent
pathogène
La dirofilariose canine est
une helminthose
transmise par piqûre de Culicidae, due à la
présence et au développement dans les
artères pulmonaires puis le ventricule cardiaque
droit du chien d’une filaire,
Dirofilaria immitis, et caractérisée
sur le
plan clinique par le développement d’une
insuffisance cardiaque avec apparition progressive
d’une symptomatologie cardio-respiratoire,
parfois associée à d’autres symptômes.
• Synonymies : filariose cardiaque, filariose
cardio-pulmonaire, Filaire cruelle.
• Espèces affectées : chien et autres Canidés.
Autres carnivores : chat, Mustélidés (dont
le
furet), otaries...
Potentialité zoonosique, l’homme constitue
une impasse parasitaire, les larves meurent au
sein de nodules pulmonaires (100 cas recensés
dans le monde).
• Répartition géographique : très
vaste, présente
sur tous les continents, mais avec des prévalences
variables.
Fréquente dans les DOM-TOM (p = 30 %), en
Amérique du Nord et du Sud, au Japon, dans
les pays tropicaux.
Présente en France, sur le pourtour méditerranéen,
mais moins fréquente que la filaire sous-cutanée,
Dirofilaria repens.
• Importance : médicale, du fait de l’apparition
progressive d’une insuffisance cardiaque
avec possibilité d’évolution plus
rapide lors
d’infestations massives.
Morphologie
Les adultes mesurent 12 à 18 cm pour les
mâles, jusqu’à 30 cm pour les femelles,
pour 1
mm de diamètre, de coloration blanchâtre.
Les
femelles pondent des microfilaires sanguicoles
mesurant environ 300 µm de longueur pour 6
de diamètre.


Biologie
Les adultes vivent dans le
ventricule cardiaque droit, les immatures sont dans
les
artères pulmonaires.
Lorsque l’infestation est massive, les vers
peuvent se retrouver dans la veine cave postérieure
et engendrer un syndrome hémolytique
aigu : le syndrome cave.
Ils se nourrissent du plasma sanguin et peuvent
vivre de nombreuses années.
Les microfilaires sont ingérées par des
moustiques femelles au cours d’un repas.
Les microfilaires deviennent des L1 dans les
tubes de malpighi, elles ont une forme de
"saucisse". Vers J10, elles ont mué en
L2 puis L3 et passent dans la cavité générale
du
moustique, pour rejoindre le labium (ou gaine
de la trompe). Lors d’une piqûre, le labium
se
replie et les L3 passent sur la plaie. Elles finissent
par pénétrer.
Les L3 restent en localisation sous-cutanée et
musculaire durant environ 2,5 mois et muent
en L4 puis en Stades 5 ou immatures. Ces derniers
rejoignent les artères pulmonaires par
voie sanguine et y séjournent plusieurs
semaines avant de revenir dans le ventricule
cardia que et devenir adultes puis s’accoupler.
La période prépatente est très longue,
de
l’ordre de 5,5 à 6,5 mois.
Epidémiologie
La
dirofilariose est une parasitose vectorielle, à caractère
saisonnier ou non selon la latitude.
• Sources de parasites
• Réservoir : chiens microfilarémiques
(10 à 20 % des chiens infestés
sont amicrofilarémiques),
importance des populations de chiens
errants dans l’entretien de la parasitose ;
Canidés sauvages.
• Source directe : culicidés vecteurs :
Culex, Aedes, Mansoni, Anopheles. Les espèces
de moustiques jouent des rôles variables selon
les régions. Jamais Puces, Poux, Tiques, qui peuvent
cependant être vecteurs d’autres filaires
(Dipetalonema).
• Mode d’infestation
Dépôt des L3 lors de la piqûre par
les moustiques
femelles.
• Facteurs favorisants
Vie en extérieur. Caractère saisonnier
dans les
pays tempérés: en France infestation possible
du printemps à l’automne.

Etude
clinique
Symptômes
Les chiens
hébergeant peu de vers ne présentent
généralement pas de symptôme. Ces
derniers
sont liés soit à des infestations massives,
soit à des infestations répétées.
Les chiens peuvent
ê
tre cliniquement répartis en 4 classes cliniques.
L’incubation peut être longue, de plusieurs
années.
• Symptômes cardiorespiratoires :
- Phase de début : fatigabilité excessive à l’exercice,
diminution de l’appétit (= phase clinique
1).
- Phase d’état : Sans hyperthermie.
Classe 2 : Toux, dyspnée à l’effort,
essoufflement
au repos, anémie.
Classe 3 : Dirofilariose sévère : dyspnée
et
toux au repos, ascite, insuffisance rénale chronique,
cyanose des muqueuses.
Classe 4 : Syndrome cave: Anémie, hémoglo-binurie
et état de choc liés au passage de vers
dans la veine cave postérieure entraînant
une
hémolyse intense du fait de troubles hémodynamiques.
Dans tous les cas : possibilité de signes à l’auscultation
(souffles).
• Autres symptômes :
(essentiellement liés aux microfilaires provoquant
des thrombo-embolies).
- Signes cutanés : prurit, dépilations,
nécrose
des extrémités (oreilles, queue).
- Signes nerveux : parésies.
- Symptômes hémorragiques : méléna, épistaxis,
hémoptysie.
- Symptômes oculaires : uvéite.
- Complications rénales.
Lésions
• Macroscopiquement
: cardiomégalie,
congestion hépatique, ascite, pneumonie
(hémorragies et zones congestives sur lobes
diaphragmatiques). Observation des filaires
dans le ventricule cardiaque, enroulées
autour des cordes cardiaques.
• Microscopiquement : endartérite
villeuse (artères pulmonaires), Pneumonie interstitielle
avec granulomes inflammatoires autour de
microfilaires, glomérulonéphrite.

Diagnostic
• En zone d’endémie,
la suspicion clinique est
aisée : chien fatigué, pouvant présenter
essoufflement
et toux.
• Les examens complémentaires
peuvent permettre de suspecter voire de confirmer une
dirofilariose.
Auscultation et ECG n’apportent pas d’éléments
particuliers.
La radiologie met en évidence une cardiomégalie,
ainsi qu’une arborisation nette des vaisseaux
pulmonaires, relativement caractéristique.
L’échocardiographie peut permettre de voir
les
filaires en coupe au niveau du tronc pulmonaire.
• La confirmation de l’infestation
se fait par mise en évidence des microfilaires sanguicoles
ou par dépistage d’antigènes filariens
circulants.
Les microfilaires sont recherchées par étalement sanguin, observation d’une
goutte de sang frais, ou après enrichissement (filtration
sanguine sur membrane millipore ou
technique de Knott), puis coloration de MGG.
• La sensibilité dépend
de la technique, du
niveau d’infestation, et parfois de la période
du
prélèvement. La circulation des microfilaires
semble plus importante au crépuscule.
• Certains chiens sont dits amicrofilarémiques
car ils n’ont pas de microfilaires, pour diverses
raisons : infestation par des mâles, vers âgés,
traitement à l’ivermectine, destruction immunitaire.
La spécificité nécessite l’identification
des
microfilaires or plusieurs espèces sont rencontrées
chez le chien.
• Si la diagnose différentielle
des microfilaires de Dirofilaria et Dipetalonema est possible,
la
différenciation entre D.immitis et D.repens est
plus délicate.
• C’est pourquoi une coloration de l’activité phosphatase
acide des microfilaires, dite coloration histochimique,
est utilisée.
Les zones d’activité phosphatasiques sont
différentes
selon les espèces des microfilaires.
• Le dépistage des antigènes
circulants fait appel à diverses techniques : ELISA,
Agglutination. Les techniques sont sensibles, le
dépistage est possible à partir d’une
seule
femelle parasite.
• Ce dépistage est spécifique
de Dirofilaria immitis car des anticorps monoclonaux spécifiques
de l’espèce sont employés.



Méthodes
de lutte
• Traitement
Adulticide
Utilisation de dérivés arsenicaux, dont
la
mélarsomine. Protocole de 2 injections
par voie intra musculaire à la posologie de
2,5 mg/kg espacées de 24 heures. Risque
d’embolies pulmonaires de filaires
mortes.
• Traitement microfilaricide
A faire 1 mois après le traitement adulticide
car les microfilaires survivent jusqu’à 18
mois dans les capillaires. Injection d’ivermectine à
la posologie de 50 µg/kg par voie
sous-cutanée.
• Traitement adjuvant
Repos absolu (hospitalisation), traitement
anti-thrombotique (antiagrégant-plaquettaire)
par administration d’aspirine à la
posologie de 5 mg/kg/j 4j avant le traitement
adulticide puis pendant 3 semaines.
• Traitement chirurgical
Exérèse possible de filaires lors d’infestations
massives (chiens en classe 3 ou 4),
par cathétérisme de la veine jugulaire
en
utilisant une pince adaptée ("pince
alligator").
• Prophylaxie
Lutte anti-vectorielle : bénéfice de la
lutte anti-moustique réalisée à titre
collectif,
dans les pays tropicaux notamment, ou à
titre individuel (diffuseurs insecticides
dans les maisons).
Chimioprophylaxie : utilisation des avermectines/
milbémycines.
Avec l’Ivermectine : l’administration mensuelle à
la posologie de 6 µg/kg, permet la
destruction de toutes les larves de moins de
6 semaines de développement.
A cette posologie, et lors d’utilisation régulière
sur plus de 6 mois, l’Ivermectine inhibe
la ponte des filaires femelles et finit par
les tuer. Elle a donc un effet adulticide si
elle est employée sur des chiens infestés.
Le traitement préventif ne se fait pas avant
de partir en zone d’endémie mais 1 mois
après l’arrivée en zone à risque
car ce sont
toutes les larves inoculées par les moustiques
dans le mois précédent la prise de
principe actif qui sont tuées.
Il n’y a pas d’effet de rémanence.
Il suffit,
en fin de séjour, de prendre le traitement
dès le retour en dehors de la zone à risque.
Dans les zones d’endémie, la prophylaxie
se
fait durant toute la période à moustiques,
parfois toute l’année. Elle est débutée
dès
6 mois d’âge sur les chiots.

Frédéric
Beugnet
DVM - MSc - PhD - Agrégé en Parasitologie et Maladies
Parasitaires
Technical Manager Europe MERIAL
Bibliographie
Beugnet F.
Que faire lors de
suspicion de piroplasmose, leishmaniose, toxoplasmose, dirofilariose
ou aspergillose ?
Point Vét., 1993, 26 : 467-475.
Beugnet F., Bima-Blum S., Chardonnet L.
Etude épidémiologique
de la dirofilariose cardiqa que du chien en
Nouvelle-Calédonie. Choix d’une méthode
diagnostique.
Rev.Méd.Vét., 1993, 144 : 891-897.
Beugnet F., Bourdoiseau G.
Les dirofilarioses du chien
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L’Action Vétérinaire,
1996, 1362 :
31-38.
Beugnet F., Costa R., Lambert C.
Diagnostic, traitement
et prophylaxie de la dirofilariose cardiopulmonaire du chien.
Rev.El.Méd.Vét.N.C., 1993, 17 : 25-32.
Beugnet F., Rous V., Leurs M., Chardonnet L.
Rôle
du facteur âge dans l’épidémiologie
de la dirofilariose
cardiopulmonaire du chien, choix de la date de mise en oeuvre
de la chimioprévention.
Rev.Méd.Vét.,
1994, 145 : 59-64.
Chauve C.M.
Dirofilaria repens, Dipetalonema reconditum,
Dipetalonema dracunculoides et Dipetalonema grassii :
quatre filaires méconnues du chien.
Prat.Méd.Chir.Anim.Comp.,
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Davoust B., Ducos de Lahitte J.
Evolution de l’enzootie
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Rev.Méd.Vét., 1989, 140 : 15-19.
Dirofilariose canine : Prat.Méd.Chir.Anim.Comp., 1989,
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