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HERPES VIROSE CANINE

L'effet pathogène du virus se manifeste chez le jeune animal par un syndrôme de mortalité néonatale, mais il intervient aussi dans l'étiologie des maladies respiratoires des adultes et semble être impliqué dans de nombreux problème d'infertilité et d'avortements.
Bien que moins flagrants que la mortalité néonatale, ce volet de l'herpesvirose canine est à l'origine de pertes importantes dans les élevages.

  • L'agent pathogène
  • Epidémiologie
  • Symptômes
  • Diagnostic
  • Traitement
  • Prophylaxie

    L'agent pathogène

    L'herpèsvirus canin appartient à la famille des Herpesviridae et à la sous-famille des Alphaherpesvirinae.
    C'est un virus à ADN bicatenaire, faiblement immunogène, présentant, comme tous les virus herpès, un tropisme pour les muqueuses froides (voies respiratoires supérieures, muqueuses génitales et oculaires) et pour le système nerveux. Il a la capacité à persister à l'état latent et à se réactiver périodiquement.
    Contrairement aux virus nus (comme les parvovirus), il est peu résistant dans le milieu extérieur car la présence d'une enveloppe le rend particulièrement vulnérable aux agents physiques (rayons UV, chaleur) et chimiques ( solvants des lipides, ammoniums quaternaires, dérivés formolés et eau de javel).

    Epidémiologie

    réceptivité
    Le CHV est très spécifique du chien mais peut exceptionnellement affecter d'autres canidés comme les coyotes.
    source de virus
    • les sécrétions génitales jusqu'à 20 jours après l'infection chez les mâles et 15 jours chez les femelles
    • les sécrétions nasales pendant les 15 jours qui suivent l'infection
    • le fœtus et les enveloppes fœtales lors d'avortements
    • la plupart des sécrétions des animaux malades (larmes, salives, urines, selles).
    modes de transmission
    • par voie oro-nasale
    • par voie vénérienne
    • par voie transplacentaire, chez le chiot si l'infection a lieu pendant la phase de virémie
    • pendant le passage dans la filière pelvienne (chiot)

    Symptômes

    Chez les adultes
    • lices : lésions papulo-vésiculeuses de la muqueuse vaginale qui disparaissent en deux semaines, infections respiratoires
    • étalons : papules et nodules lymphoïdes sur la muqueuse préputiale, qui régressent en quelques jours, infections respiratoires.
    Chez le chiots
    • âgé de moins de 3 semaines : mortalité néonatale, anorexie, dépression, bradycardie, selles molles gris-jaunâtre, vomissements, plaintes, douleurs abdominales et mort en 48 heurs, parfois mort sans signe clinique
    • âgé de plus de 15 jours : rhinite, pharyngite parfois accompagnées de problèmes oculaires.

    Diagnostic

    diagnostic clinique - possible à partir des commémoratifs recueillis en élevage
    • mortalité néonatale dans les 48 h après la naissance
    • atteinte de la majorité des chiots au sein d'une même portée
    • chez les adultes, apparition de lésions génitales au cours d'un épisode de toux de chenil.
    diagnostic de certitude - recours au laboratoire indispensable
    En période de réactivation virale (chez la femelle : proœstrus, dans les jours suivant l'avortement ou la mortalité), une sérologie doit être effectuée ; en effet, toute réactivation virale est suivie d'une séroconversion transitoire.
    L'isolement viral des tissus infectés est la meilleure méthode diagnostique. La Polymerase Chain Reaction (PCR) est la technique la plus fiable. Les prélèvements de choix sont :
    • chez la femelle : un prélèvement vaginal et un prélèvement oro-pharyngé
    • chez le mâle : un prélèvement de sperme et un prélèvement oro-pharyngé
    • chez le chiot mort : une PCR sur poumon, reins, rate, ganglions, encéphale.
    A l'autopsie :
    • foyers hémorragiques et de nécrose sur rein et poumon
    • splénomégalie marquée
    • aucune lésion macroscopique dans les formes foudroyantes (autopsie blanche).

    Traitement

    • il n'existe pas de traitement efficace contre l'herpèsvirose néonatale (acyclovir ou interféron montrent peu d'intérêt). Lorsque la maladie apparaît il faut maintenir la température des chiots et de l'environnement au dessus de 37°C jusqu'à l'âge de 2-3 semaines car la sensibilité du chiot à l'herpesvirose est à relier à son incapacité à maintenir sa température corporelle au-dessus de la température maximale de réplication virale
    • dans la forme respiratoire et génitale, il faut prévenir les complications bactériennes par une antibiothérapie de couverture
    • sérothérapie : un sérum anti-CHV serait intéressant.

    Prophylaxie

    • un vaccin contre l'herpesvirose canine - EURICAN® HERPES 205 - est depuis peu disponible sur le marché. Son objectif est de stimuler la production d'anticorps séroneutralisants chez la chienne gestante, afin d'induire une protection passive des chiots nouveau-nés par transmission colostrale.
      Deux injections sont requises dont la deuxième, 10 jours avant la mise bas pour une transmission optimale.
    • injection aux chiots à risques de sérum homologue (prélevé sur une mère hyper immune)
    • antisepsie vaginale prépartum sur les chiennes avant la mise-bas pour diminuer le risque de contamination aux chiots pendant le passage dans la filière pelvienne peut être évoqué mais il ne faut pas perdre de vue la voie de transmission oronasale qui sera inévitable
    • utiliser la chaleur et les désinfectants (ammoniums quaternaires, dérivés formolés, phénols, eau de javel) pour diminuer la pression virale dans l'élevage.
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