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ANKYLOSTOMOSE

Les ankylostomatidoses ou ankylostomoses sont des helminthoses dues à la pénétration, la migration, puis à l'installation dans l'intestin grêle de nématodes Ankylostomatidae.

  • L'agent pathogène
  • Biologie
  • Epidémiologie
  • Symptômes
  • Diagnostic
  • Méthodes de lutte

    L'agent pathogène

    Elles sont caractérisées cliniquement par une atteinte générale (amaigrissement, anémie), des troubles digestifs (diarrhée), parfois accompagnés par des symptômes respiratoires ou cutanés.

    Deux nématodes sont responsables d'ankylostomose chez le chien : Ankylostoma caninum et Uncinaria stenocephala. Il s'agit de nématodes de l'ordre des Strongylida, sous ordre Ankylostomatoidea. Les ankylostomes sont des petits vers ronds, fins, blanchâtres, mesurant environ 10 mm de longueur. Ils présentent à leur extrémité antérieure une capsule buccale pourvue de crochets (g. Ankylostoma) ou de lames tranchantes (g. Uncinaria).

    Espèces affectées
    Chien (et autres Canidae) par Ankylostoma caninum, mais aussi dans les pays chauds par A. brasiliense et A. ceylanicum.
    Chat par A. tubaeforme.
    Chiens et chats par Uncinaria stenocephala.

    Répartition géographique
    Cosmopolite, mais les parasites du genre Ankylostoma sont surtout inféodés aux régions chaudes. Le genre Uncinaria semble plus adapté au climat tempéré froid et est probablement à l'origine un parasite du renard. C'est le plus fréquent en France.

    Importance
    Grande importance médicale des ankylostomatidoses, du fait du pouvoir pathogène de ces parasites.
    Importance économique lors d'atteinte de collectivités.
    Importance en santé publique avec la possibilité d'infestation humaine par A.caninum, à l'origine de larva migrans, notamment sous-cutanée, ou par A. ceylanicum et A. brasiliense, pouvant aller jusqu'à la formation des vers adultes dans l'intestin du chien.

    Biologie

    Les ankylostomes adultes sont localisés dans l'intestin grêle. Ils sont en partie hématophages, notamment Ankylostoma. Les femelles pondent des œufs de type "strongles" qui se retrouvent dans les matières fécales et vont évoluer dans le milieu. Les adultes vivent 6 mois.
    Les œufs sont ovalaires, à coque mince et lisse. Ils renferment une morula ne contenant que 8 à 16 cellules lors de l'émission. La taille est moyenne, 30-40 x 55-75 µm. Dans le milieu, les œufs éclosent et libèrent une larve 1 qui après 2 mues donnera une L3 infestante. Cette évolution nécessite une hygrométrie importante et une température suffisante (> 16°C, optimum 22°C). Elle peut être rapide : 7 jours.

    Comme les strongles parasites des ruminants ou des chevaux, la formation des larves se fait dans le milieu extérieur, sur des sols herbeux. Elle ne peut se faire en box sur ciment ou sur terre battue. Si le milieu est favorable, les larves infestantes peuvent survivre plusieurs semaines.

    Les chiens vont ingérer les larves ou celles-ci vont pénétrer par voie percutanée. Rapidement, les L3 se retrouvent dans le torrent sanguin et migrent via le cœur droit vers les artérioles pulmonaires qu'elles traversent. Elles remontent l'arbre respiratoire et sont dégluties pour redescendre ensuite le tube digestif jusqu'à l'intestin grêle où elles vont devenir adultes. Ce cycle est semblable à celui des ascarides. La durée du cycle est d'environ 6 semaines. Chez les chiennes, des larves vont poursuivre leur migration par voie sanguine et se retrouver disséminées dans divers tissus. Elles s'y enkystent et demeurent quiescentes plusieurs mois. Chez les chiennes, ces larves peuvent se mobiliser et infester les chiots par l'intermédiaire du lait. L'infestation in utero semble en revanche exceptionnelle.

    Epidémiologie

    Epidémiologie descriptive
    L'ankylostomose peut toucher tous les chiens, mais c'est généralement une parasitose de collectivité : observée sur des chiens de chasse. Elle est plus fréquente en milieu rural.

    Epidémiologie analytique
    Les sources de parasites sont représentées par les chiens porteurs, et directement par les sols contaminés par les L3. Si ces L3 sont ingérées par des micromammifères (souris, mulots), elles peuvent s'enkyster et rester infestantes. Ces hôtes paraténiques permettent l'infestation des chiens qui les consomment. Il faut des zones herbeuses et humides. Les larves sont peu résistantes à la dessiccation (sécheresse) et sont sensibles aux désinfectants usuels.
    Les jeunes chiens sont plus sensibles. Les facteurs adjuvants comme une malnutrition ou la fatigue (chiens de meute) augmentent la sensibilité.

    Symptômes

    Signes cutanés
    La pénétration cutanée des L 3 peut se traduire par la présence de papules sur les membres, la face ventrale. Ces zones inflammées sont prurigineuses et peuvent s'infecter. Une adénite des nœuds lymphatiques superficiels est notée (NL poplité).

    Signes respiratoires
    La migration des larves peut entraîner, comme lors d'ascaridose des signes de pneumonie avec toux. D'autres signes sont assez caractéristiques de l'ankylostomose : la perte du flair, observée sur les chiens de chasse, la voie "cassée'' ou plus aiguë, qui modifie les aboiements, et la possibilité d'épistaxis (signe de Flahaut).

    Troubles digestifs
    Entérite congestivo-hémorragique, d'où possibilité de diarrhée, parfois profuse et hémorragique.

    Troubles généraux
    Un parasitisme continu se traduit par une atteinte générale : amaigrissement, fonte musculaire, anémie, évolution vers la cachexie.

    Lésions
    Entérite congestivo-hémorragique, présence des vers.

    Diagnostic

    Une suspicion clinique est possible par les signes d'épistaxis associés à des troubles digestifs et de la maigreur, sur des chiens vivant en collectivité.
    Le diagnostic différentiel doit être fait d'autres parasitoses ou maladies cachectisantes, comme la leishmanisose (qui peut entraîner de l'épistaxis et une adénomégalie). L'association à la trichurose est fréquente : anémie du chien de meute'.
    Un diagnostic de certitude sera apporté par la coproscopies.

    Méthodes de lutte

    Traitement anthelminthique
    De nombreux anthelminthiques, comme les benzimidazoles, sont actifs sur les ankylostomes.

    Prophylaxie
    Vermifugation régulière des carnivores, dont le traitement des femelles gestantes avant la mise bas (15 jours).

    Interventions dans le milieu
    Gravillonnage des aires de terre battue, retrait rapide des déjections (1 à 2 fois par jour), nettoyage régulier des aires bétonnées (eau bouillante, crésyl, 1 fois par semaine), dératisation.

    Frédéric Beugnet
    DVM - MSc - PhD - Agrégé en Parasitologie et Maladies Parasitaires
    Technical Manager Europe MERIAL

    Bibliographie

    Bourdoiseau G.
    La thérapeutique anthelminthique chez les carnivores domestiques.
    Point Vét., 1997, 28 : 1517-1527.

    Bourdoiseau G.
    Le parasitisme de chenil.
    Point Vét., 1994, 25 : 935-950.

    Bowman D.
    Georgi's Parasitology for veterinarians, seventh edition, Ed Saunders Company, 1999, 414 p.

    Bussièras J. et Chermette R.
    Helminthologie Vétérinaire 2e Ed, Abrégé de Parasitologie, Fasc.III, Ed Service de Parasitologie de l'ENVAlfort, 414 p.

    Franc M., Cadiergues M.C., Marchand A., Bourdoiseau G., et Bussiéras J.
    Le parasitisme intestinal des carnivores domestiques : bilan d'une enquête conduite dans les quatre écoles vétérinaires françaises.
    Rev.Méd.Vét., 1997, 148 : 247-250.


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