Skip Ribbon Commands Skip to main content
Share This

JOURNEE MONDIALE DE LA VACCINATION ANIMALE - 20 AVRIL 2016

 



À l’occasion de la journée mondiale de la vaccination animale, nous avons interrogé le Dr Marcus Remmers, notre responsable mondial R&D Bio, sur l’importance de la vaccination en santé animale, l’histoire de la découverte des vaccins chez Merial, les facteurs qui justifient la nécessité de vacciner les animaux et enfin la technologie qui ouvre la voie à de nouveaux vaccins et à des solutions innovantes pour prévenir les maladies.
 
Merial : En quoi la vaccination joue-t-elle un rôle si important en santé animale ?
Dr Marcus Remmers : Les vaccins tiennent une place importante en santé animale parce qu’ils nous aident dans trois actions essentielles : garantir la production de protéines animales sûre et abondante, protéger l’homme contre les maladies transmises par les animaux comme la rage et d’autres nouvelles maladies émergentes, et enfin protéger nos animaux de compagnie. Le nombre de maladies pour lesquelles des vaccins sont disponibles a nettement augmenté depuis les débuts de la vaccination. Parallèlement, la fiabilité globale en termes d’efficacité, d’innocuité et de facilité d’administration de ces vaccins s’améliore considérablement.
 
Les progrès dans la mise au point des vaccins, l’émergence de nouvelles maladies, les changements dans les pratiques d’élevage et l’évolution de l’approche consistant à prévenir la maladie plutôt que la traiter joueront un rôle toujours plus important en santé animale.
 
Merial : En quoi Merial est-il si particulier sur le plan des vaccins ?
Dr Marcus Remmers : L’origine de Merial remonte à la révolution scientifique du 19e siècle en France lorsque Marcel Mérieux, étudiant de Louis Pasteur, a fondé l’Institut biologique Mérieux. Charles Mérieux, le fils de Marcel, a démarré la première production de vaccins à l’échelle industrielle à la fin des années 40, en fabriquant des vaccins contre la fièvre aphteuse. Une autre prouesse novatrice en matière de vaccin a été réalisée en 1968 par l’institut de Charles avec la mise au point du premier vaccin contre la rage conçu pour animaux, spécialement destiné aux chiens et chats.
 
Plus récemment, dans les années 90, une série de nouveaux vaccins a été élaborée selon la technologie des vecteurs viraux génétiquement modifiés, par exemple le vaccin vectorisé recombinant contre la maladie de Carré chez le chien. À cette même période, un nouveau type de vaccins de nouvelle génération pour chats, sans adjuvant, a également été lancé. Cette innovation s’est poursuivie dans les années 2000 avec l’introduction par Merial des vaccins vectorisés de pointe destinés aux volailles et du tout premier vaccin ADN homologué conçu pour le traitement du cancer chez le chien.
 
Merial : Quels sont les facteurs qui induisent une demande de vaccins pour animaux ?
Dr Marcus Remmers : Nous identifions trois tendances fortes : la croissance démographique et l’urbanisation, le changement climatique et la mondialisation et enfin l’évolution de l’environnement règlementaire et politique.
La croissance démographique et l’urbanisation, conjuguées à l’augmentation du revenu disponible dans les pays émergents, créent une augmentation de la demande en protéines animales. Cette demande entraîne l’accélération de la production animale, d’où l’importance des vaccins pour les producteurs. L’urbanisation et les densités élevées de population accroissent également le risque de transmission de maladies, notamment les maladies zoonotiques(maladies transmises aux humains par les animaux). Cela nécessite de multiplier les efforts à travers les programmes de contrôle, notamment les vaccinations et les mesures sanitaires.
 
Le changement climatique favorise le mouvement de vecteurs porteurs de maladies vers de nouvelles zones ; le moucheron Culicoïdes, par exemple, a migré vers le nord en apportant des virus, tels que le virus de la fièvre catarrhale et le virus de Schmallenberg. Ils ont provoqué ces maladies qui ont causé d’importantes pertes dans le secteur agricole en Europe. L’expansion des voyages dans le monde et l’incursion continuelle dans les forêts tropicales humides et autres milieux favorisent la mise en contact des humains avec de nouveaux virus et de nouvelles maladies à potentiel zoonotique, tels que le virus Nipah, le virus Hendra et les virus de la grippe aviaire et de la grippe porcine. Les vaccins et les programmes de vaccination sont donc des outils importants permettant de les contrôler.
 
L’environnement règlementaire et politique évolue rapidement, réhaussant les normes et s’appliquant à des domaines tels que le bien-être des animaux et la sécurité alimentaire. Les programmes de sécurité alimentaire utilisant des vaccins pour lutter contre les pathogènes comme la salmonelle, le Campylobacter, l’E. coli 0157 et la listéria se sont révélés efficaces dans le passé. Ces bactéries ne sont pas pathogènes pour les animaux mais le sont pour les humains qui consomment les animaux. Dans les années 90, une initiative britannique a par exemple montré une diminution des cas de salmonellose chez l’homme à la suite de la vaccination de poulets.
 
Merial : Quels types de vaccins et de solutions verrons-nous apparaître dans le futur ?
Dr Marcus Remmers : Des approches avec des combinaisons vaccinales avancées et des vaccins de nouvelle génération pourraient nous aider à maîtriser à la fois les maladies existantes et les maladies émergentes dans le futur. Il est également important que les modes d’administration soient plus pratiques afin de rendre l’acte vaccinal aussi peu stressant que possible pour les personnes et pour les animaux.
 
Les vaccins combinés, vaccins contenant au moins deux antigènes mis dans une seule injection, deviennent si complexes que le système immunitaire de l’animal est le facteur limitant. Comme nous connaissons mieux l’interaction des antigènes entre eux et avec le système immunitaire, des vaccins combinés plus efficaces seront probablement produits. Les vaccins de nouvelle génération candidats conçus en utilisant la biologie structurale pourraient constituer une solution pour adapter rapidement et facilement un vaccin aux nouvelles souches de la maladie ; ceci est important car la composition des vaccins doit être constamment actualisée pour répondre à l’évolution des souches et aux modifications épidémiologiques.
 
Les progrès dans le domaine informatique et la nanotechnologie pourraient changer nos procédures de diagnostic. Aujourd’hui, des prélèvements doivent être réalisés pour contrôler chaque pathogène en cause. Demain, nous serons probablement capables de séquencer rapidement tout l’ADN d’un prélèvement, de comparer les résultats avec une base de données et d’obtenir des informations détaillées sur tout pathogène rencontré. Cela permettra une meilleure analyse des besoins d’un troupeau particulier. La personnalisation des vaccins à une exploitation spécifique a déjà donné des résultats prometteurs.
 
Plus il est facile d’administrer un vaccin, moins il est fréquent de commettre des erreurs et plus il sera probable que chaque animal reçoive la dose correcte. Les innovations telles que les systèmes d’injection sans aiguille, la vaccination par pulvérisation, les applications avec eau potable ou les vaccins in ovo répondent de plus en plus à ce besoin de simplifier le mode d’administration et nous percevons un potentiel prometteur dans les nouvelles technologies telles que les vaccins avec micro-aiguille ou les vaccins à action prolongée auxquelles nous recourrons probablement de plus en plus à l’avenir.
 

©2017